Pour Guillaume Apollinaire, le poète aux cent mille vies, j’ai improvisé cette ballade, lors d’une escale à Amsterdam, ce soir six décembre 2025.
Vers le palais de Rosemonde, au fond du monde de l’Amazone et dans les aiguillettes de l’orage tropical.
Sur le sentier des Indiens morts, dans le secret de l’oiseau colibri qui va et vient, en reculant, vers le futur.
Vers le palais de Rosemonde, à Amsterdam, où, venant de Copenhague, j’ai fait escale ce soir gris, où les baisers sont des doigts, que l’on jette vers l’inconnue.
Vers le palais des parois noires, où le taureau mord la matière et la main résidente à Niaux, Lascaux, Altamira.
Vers le palais de bruyère, au fond des landes et des langues que les chevaux avalent.
Vers le palais du Mal-Aimé, chantant l’Amour comme pas deux.
Vers le palais des écritures où les pensées, chevau-légers, lancent des bouquets d’enfants à la mer éternelle.
Vers le palais où se murmurent les petites conversations : l’air est doux, le glas sonne , ajoute une bûche au feu.
Vers le palais de Rose Mots et leur envol entre les ronces, leurs courtoisies persuasives.
Vers le palais d’Apollinaire, le poète aux cent mille vies et la girande tourne, la guirlande des poésies, de Copenhague aux Martigues, ô belle, ô belle nuit.