LE MONDE

Si la belleza sostiene una cabeza

Bien puede sostener el mundo

« Si Beauté maintient droit une tête

Elle peut, aussi bien, soutenir le monde »

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Le monde on ne sait plus trop comment l’aborder: fable, machine, creux, cosmos.

Rien d’autre?

Si. Parole et Silence. Ce qui s’écrit ou Ce qui s’efface. Sang et sel.

Et aussi : la motte de terre, le galet, l’étrangeté d’être et de n’être plus, les étoiles que l’on voit et qui ont explosé depuis belle lurette, la troisième planète dans la zone périphérique gauche de notre galaxie, le hasard quantique, le chat de Schrödinger et la décohérence.

Mais on peut aussi monder le tour du jour en 80 mondes, l’origine du monde de Gustave Courbet, l’autre côté du monde, la rat qui s’est retiré du monde, la vie monde d’emploi…

Le monde, on ne sait toujours pas, ombre et lumière, écorce et coeur…

Au demeurant, un nuage passe et il change le visage de la terre, énigmatique, où est le monde? 





VERS LE PALAIS DE ROSEMONDE

Pour Guillaume Apollinaire, le poète aux cent mille vies, j’ai improvisé cette ballade, lors d’une escale à Amsterdam, ce soir six décembre 2025.

Vers le palais de Rosemonde, au fond du monde de l’Amazone et dans les aiguillettes de l’orage tropical.

Sur le sentier des Indiens morts, dans le secret de l’oiseau colibri qui va et vient, en reculant, vers le futur.

Vers le palais de Rosemonde, à Amsterdam, où, venant de Copenhague, j’ai fait escale ce soir gris, où les baisers sont des doigts, que l’on jette vers l’inconnue.

Vers le palais des parois noires, où le taureau mord la matière et la main résidente à  Niaux, Lascaux, Altamira.

Vers le palais de bruyère, au fond des landes et des langues que les chevaux avalent.

Vers le palais du Mal-Aimé, chantant l’Amour comme pas deux.

Vers le palais des écritures où les pensées, chevau-légers, lancent des bouquets d’enfants à la mer éternelle.

Vers le palais où se murmurent les petites conversations : l’air est doux, le glas sonne , ajoute une bûche au feu.

Vers le palais de Rose Mots et leur envol entre les ronces, leurs courtoisies persuasives.

Vers le palais d’Apollinaire, le poète aux cent mille vies et la girande tourne, la guirlande des poésies, de Copenhague aux Martigues, ô belle, ô belle nuit.

DU COQ À L’ÂNE

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Du coq à l’âne c’est le sot temps

De maintes notions étranges

Mais quoi nous ne pouvons être anges

En ce monde de larrons sautant

Les Trump les Poutine les Orban

Et leurs sujets ces gentils veaux

Le feu Saint Antoine les arde

Nos vers en attendant lézardeux

Nous ont fait ce Marot nouveau

Clément Marot (1496-1544) à l’origine de l’expression du coq à l’âne en a fait des épîtres

Un coq à l’âne visuel Dorio 10/07/2016