L’HOMME EST UN PONT courriels 89 L’ART MULTIPLIE SES MONDES

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

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M.P.à JP V.

Grâce à l’art au lieu de voir un seul monde nous le voyons se multiplier et autant qu’il y a d’artistes originaux autant nous avons de mondes à notre disposition plus différents les uns que les autres et qui bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont ils émanaient, qu’il s’appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient  leur rayon spécial.

JP V. à M.P.

Pour être soi il faut se projeter vers ce qui est étranger. Demeurer enclos dans son identité c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre entre les rives du même et de l’autre. L’homme est un pont.

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M.P.(10 juillet 1871-18 novembre 1922) Son œuvre unique et prolixe embrasse  Temps perdu et temps retrouvé.

J.-P. V. (4 janvier 1914-9 janvier 2007) En 1944, il est chef des FFI de la région toulousaine. Plus tard, il milite pour l’indépendance de l’Algérie. En 1948, il entre au CNRS et se spécialise dans l’anthropologie de la Grèce Ancienne. 

DISPARITIONS XVI Jules Supervielle

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

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TOMBEAU DE SUPERVIELLE

 J’aurai rêvé ma vie à l’instar des poèmes

que j’ai lus, écrits, pensés, ruminés,

Vivant en même temps le feu et la rivière.

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Qui je fus ? qui je suis ? Je cherche dans la nuit,

la source, l’océan, je cherche l’or du temps,

L’oublieuse mémoire d’un forçat innocent.

Jean Jacques Dorio  22 janvier 2026