Les quatre vérités je les ai oubliées, le vent mauvais des ragots sociaux me les ôtés, elles sont mortes.
Juste une phrase I
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Les quatre vérités je les ai oubliées, le vent mauvais des ragots sociaux me les ôtés, elles sont mortes.
Juste une phrase I
PAROLES CONTRE PAROLES
Paroles sur le papier
Prises de paroles en Mai 68
(Mais d’où tu parles ?)
Paroles de Haine en ligne
Paroles de l’Hymne à la Joie
Paroles au creux de l’oreille
Paroles des bons Sauvages
Paroles à tout berzingue
Paroles plus que lentes
Paroles d’un trait de plume
Paroles d’un sang d’encre
Paroles qui ont bifurqué
D’oboles en paraboles
De paroles venues des dieux
En paroles dont le nom
Nous a paru d’éternité
***
– Mais d’où tu parles ? – De paroles sauvages en écrits raffinés, je me lance, je croise et ne suis jamais satisfait.
– Un exemple ?
– Agile Argile Fragile agitent ce texte dont j’ai perdu les clefs.
– Et alors ?
– Rien. Je ne me hâte pas de les retrouver.
J’aime naviguer dans le labyrinthe de l’obscurité, entrecoupé de rires et de fragments de récits d’explorations.
– Tu parles d’un chantier !
– Un champ de fouille, un atelier ; chacune et chacun s’y attelle, s’y confronte, s’y conforte, s’y réfugie, s’y reflète, s’y décale, s’y aventure, s’y rêve…
Et les voix s’entrecroisent multiples, profuses, futiles, incoercibles et par-dessus tout…jouissives.
Le mouvement de la plume sur le papier
Le mouvement du duende des pieds vers la cabeza
Le mouvement de mai 68 la plage sous les pavés
Le mouvement des mots du dictionnaire
Coche cochenille cochonnerie d’écriture dixit Artaud le Momo
Le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies
Le mouvement des Constellations d’Orion et de Cassiopée
Le mouvement du sang d’encre pas du sang du rouge
Le mouvement des boustrophédons de gauche à droite puis de droite à gauche
Le mouvement des sillons prélude aux semaisons et aux germinations
Le mouvement de ce qu’ont dit simultanément la bouche d’ombre la bouche solaire la bouche fermée
En ce laps d’un temps qui nous a paru ne jamais s’achever

le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies
Crise du temps
Que l’on met au travail
Pour le remettre en forme
Pendant que l’on s’absente
de soi et que l’autre s’insinue
peu à peu
dans la place du même
.
Ça fait charabia
Araigne dans la tête
Boulotant les neiges d’antan
Et c’est aussi
l’antienne d’Apollinaire
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
.
Arrêt buffet
Je parle dans ma tête
Comme d’autres
parlent au papier
Dans une nuit nue
À la mémoire embrouillée
.
Il est midi
L’heure des colibris
Qui sucent les fleurs rouges
Des corolles absentes
De tout bouquet
.
Le temps est un enfant qui joue
au tric-trac tout à trac
et au jeu de dés
qui n’en finit pas de défier
al-azhar
le Hasard et la fleur d’oranger
J’écris mes listes
à peu de lecteurs
et à peu de jours
Pour le retour de septembre
J’ai cueilli l’hysope violette
Que l’on donnait en décoction aux lèpreux
J’ai repris en rêve le chemin de l’école
Quittée il y a cinq lustres
Une goutte d’eau
Sur la route d’O
M’a donné
Cette rime équivoquée
Et les sécateurs ont coupé
Trois paniers de raisins
De ma treille
(le reste demeure secret)