INTERMÈDES NOCTURNES

Petites heures par petites heures
Mes nuits se partagent
entre rêves d’Endormi
et lèvres d’Éveillé

Les rêves sont sans forme
Mais sur mes lèvres il y a
Ces mots qui prennent
ou non sur le papier

Les yeux fermés
L’exercice du souffle
Pour redonner fluidité
Au grand corps allongé

Les yeux errants
Sur un livre ouvert
Au hasard
Mais dont on ne tourne
aucune page

Rien de précis
Rien de précieux
Rien de préétabli

Flux et reflux
Un peu de forme
Beaucoup d’informe
Moi dans mes rêves

HASARDS OBJECTIFS

Hasards objectifs

Nos rencontres

Inattendues

Sur la scène

Ou dans les coulisses

Dans les rues d’Avignon

Pendant le festival

Off et In

.

Dans un bistrot

À Saint Germain

Rue de l’Abbaye

Le coeur serré

Ou relâché

Sur une guitare

Django ou d’Georges

Qui n’obéit

Qu’aux pures

impros

.

Hasards provoqués

On dirait

Par l’écriture

Qui passe

Sur nos passés

rememorés

Dans une vie

embrouillée

à souhait

.

Minuit entre

Par la fenêtre

On lit Bousquet

Dans un bosquet

De toujours

à jamais

De jamais

à toujours

On tourne la page

À bout de souffle

Le coeur en nage

Jusqu’au

Fin mot

Martigues 28/01/2026

PAR HASARD OBJECTIF

Par hasard objectif je rencontre l’ardoise

Qui tombe du toit et m’invite

A écrire un poème

Une femme s’y mire

Comme dans un miroir secret





Par hasard objectif

Je l’appelle Nadja et aussi Fortuna

Demandez-vous pourquoi





Le poème m’éprouve et me secoue les puces :

Ce monde qui paraît mort

À toute nouvelle révélation

Par hasard (objectif)

Monsieur le Poète

Pourriez-vous le réenchanter ?

30 janvier 2021

20 ANS DE POÉSIE MODE D’EMPLOI

Le nombre de jours entre le 08/01/2006 et le 26/01/2026 est de 7323 jours soit 7323 poèmes (et quelques autres venus de lecteurs et de lectrices ouverts et réactifs)

nb d’abord hébergé par lemonde.fr le blog a dû migrer sur wordpress quand le journal du soir a décidé (stupidement) de supprimer tous ses blogs

08 janvier 2006

POÉSIE MODE D’EMPLOI

Ce lieu est destiné et dédié, à ceux et celles qui, leur vie durant, lisent, écrivent des poèmes. Celles et ceux qui, contre vents et marées, se retrouvent, s’oublient et se ressourcent, dans ce singulier « objet verbal, contenant et sécrétant une substance impalpable, rebelle aux définitions et qu’on appelle poésie. » Octavio Paz, précité, parlait aussi de l’autre voix. « L’autre voix, écrivit-il, n’est pas celle d’outre-tombe ; c’est la voix de l’homme endormi au fond de chaque homme. Elle a mille ans, elle a notre âge et n’est pas encore née. »

Et maintenant place à la pratique et au mode d’emploi. Je vous donne un poème inédit  par jour ; ils viendront par séries. Celle ou celui, qui veut ajouter sa voix, écrit à son tour et m’envoie son poème ; si je le choisis, il s’inscrit un jour, dans la série présente. Poèmes-éphémérides, danse des éphémères sur un pont à construire, libre et fraternel.

                                 Jean Jacques DORIO

08 janvier 2006

LA POÉSIE

                                                      POUR OCTAVIO PAZ

Aísla ; Une.*

Elle isole- laisse chacun en son isle- ; elle unit, lance ses filets immatériels, créant quelquefois des liens.

Hija del azar ; fruto del calculo.*

Fille du hasard, du coup de dés, quand bien même lancé** etc ; fruit du calcul, de la patience, de la syllabe comptée au plus juste, du petit caillou du scrupule verbal.

Formules sans fin pour celle- la Poésie- qui montre tous les visages, ostenta todos los rostros.*

Curieuses faces que ces rostres qui désignaient la tribune aux harangues parce qu’elle était ornée d’éperons de navires, pris à l’ennemi.

Et la proue écumante et le rostre qui plonge.***

Nous avons en effet le souvenir de temps hors bord, vécus dans les résonances et saveurs d’un poème.

Pues el poema es vía de acceso al tiempo puro, immersión en las aguas originales de la existencia.*

Car le poème est voie d’accès au temps pur, immersion dans les eaux originales de l’existence.

La proue, les rostres, les coups des ennemis, les liens, la solitude, les dés, les harangues, l’arc et la lyre.

Jean-Jacques Dorio    

*    Octavio Paz    **  Mallarmé    *** Régnier

Vingt ans ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress


Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit


De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Vingt ans d’illusions

Et de belle utopie

Martigues 26 Do Rio de Janeiro 2026


Autour de minuit la journée s’achève

« C’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi » affiche l ‘iPad sur lequel je prose ces quelques lignes

Cette poésie sans mode d’emploi (le titre du blog est un leurre)

Ce sera passé minuit maintenant un poème propulsé du bas vers le haut

Telle une flèche un javelot

Un poème contrarié au cours de son ascension par la gravité

Mais qui connaît l’instant insaisissable où il ne monte ni ne descend

En suspens

LA MORT DE POÉSIE

Poésie

Que nous avons lue et dite

Et parlée

Tant que la source du temps

A compté encore des jours

Jacques Roubaud

.

Devant la mort des vers

Dans l’espace public

Nous restons silencieux

.

Nous les avons tant aimées

Ces lignes qui nous faisaient

Lire la poésie en silence

Dire la poésie d’une voix

Jamais la même

.

Devant la mort des poèmes

Nous relisons Plupart du temps

Un appel muet

Dans la citadelle Poésie

Délabrée


MON PETIT MÉTIER

J’écris sans ratures
la Plupart du temps
-ce titre blason de Pierre
Reverdy-
dans le calme des nuits


Autant de pierres blanches
Que j’échange en chemin
Avec je-ne-sais-qui
Qui lit je-ne-sais-quoi


Seul.e un.e ami.e
parfois
Me rend la monnaie
de la pièce
Au centuple


Voilà une à une
ces lignes qui
à peine le temps d’y penser
sont au cœur
de mon petit métier