NUIT BLEUE

NUIT BLEUE

Nuit bleue

Portée par une houle libérant l’oxygène des phrases en apesanteur

Nuit de l’oltramarino et du lapis-lazuli

Du lapiz écrivant sur un cahier quadrillé par l’enfance de l’art

Noche azul

Le ciel est d’un noir étoilé qui jubile

Traversé par le fleuve Insomnie

Insomnie la bienheureuse

Où l’on se balance jusqu’aux aurores

Entre réminiscences et nouveautés

À QUOI COMPARER CE MONDE ?

À quoi comparer ce monde ?                                                 
J’ai perdu les réponses
que je donnais naïf
et sans la moindre ironie.

À quoi comparer ce texte ?
À une barque légère
Qui vogue sur la rivière du ciel
Légère comme la rosée.

À qui comparer celui qui a écrit
-vaille que vaille- cette page ?
Un lecteur a dit : à un pêcheur d’étoiles.
Une lectrice l’a emportée
dans la paume de sa main.

L’ESQUISSE

L’Esquisse

Il faut imaginer l’esquisse d’un personnage habillé à l’anglaise, dans une pièce du style commedia d’ell’arte.

Mais, par contraste, dans l’agitation propre à ce genre de théâtre, le personnage est muet.

Il nage impassible dans le fleuve du temps.

Il ne sait pas s’il rêve d’endormi ou d’éveillé.

Il nage dans les pages d’une pièce écrite par un auteur dont le nom signifie le feu, en russe.

Il s’oublie dans le tourbillon du ventre de la mer.

Il esquisse, il esquive,

traçant cercles de craie autour d’une personne qui clame au public :

Oubliez-moi,

Cessez de me dévisager, comme ça…

C’EST EN SEPTEMBRE

C’est en septembre chante Bécaud

Bécots pondus comme des œufs tout chauds

Chauds les marrons d’une cour d’école

C’est la rentrée des écoliers

Il pleut ces lignes

sur mon papier

Avec Céline d’Hugues Auffray

C’est en septembre que poissons fraient

Ici entre Mer et Berre

Ailleurs bravant flottes et vents

La couleur de nos rêves

Les douleurs d’un monde amer

C’est sur une toile blanche

Qu’après avoir tracé un dessin incertain

Mes vers ont fait diversion

Me souvenant de mes rentrées

de cinq à soixante ans

Libre senteur

Libres enfants de Summerhill

Écrivant au fil de la plume

En absence à présent

De tout véritable correspondant

.

Martigues 1° septembre 2026