MON ART EST DE SURFACE

MON ART EST DE SURFACE
 
Mon art est de surface

Il court sur le papier

Il sonne sur le clavier

Il se projette sur la toile


Mon art est de surface

Intuition mimesis une flûte invisible un mot pour un autre une tache de soleil noir


Mon art est de surface

un mur arborescent un accord de guitare désaccordée une page perdue dans un livre fermé


Mon art est de surface

une dédicace donnée par un auteur fictif imaginé par Borges

le catafalque bleu blanc rouge sur le cercueil de Paul Valéry

les trois minutes trente-trois  de silence  d’une partition de John Cage


Mon art est de surface couché par écrit

chanté au studio Le Petit Mas

projeté sur des toiles d’abstraction lyrique posées à plat sous l’olivier


Mon art est de surface

grains de voix collés sur bandes magnétiques

traits d’encres appliqués sur le calcaire coquillier

ou la plage de Fos

cris du soir des martinets


Mon art est de surface

livre de sable infini

clavier plus ou moins tempéré

page unique qui termine sa boucle

comme un œil qui ne veut pas se fermer


 

Texte d’origine

ESSAIS RATÉS

ESSAIS RATÉS

Une page sans essais est une page ratée

Je répète le geste jusqu’à ce qu’il m’échappe

Je me souviens de la petite éponge ronde

qui effaçait le dernier calcul mental

sur l’ardoise qui nous était attachée

-Effacez, disait l’instituteur,

On va refaire un essai.

C’était une voie, forgée dans l’inachèvement syxtématique.

Une vie mémorable que (désormais) mes morts hâblent

Et ce texte survivant qui a provient d’un dessin raté.

PERSONNE

PERSONNE
Devant la page
écrit l'étrange personne
vivant à Lisbonne
et dont le nom portugais Pessoa
signifie (ça ne s'invente pas)
Personne
.
J'écris ceci cent ans après
au dos d'une toile blanche
où j'ai tracé un dessin
à la va vite
On peut y voir une personne
ou deux
fantômes de papier
sans voix
qui nous permettent
de danser une gigue
d'obscures clartés

TU REPARS DE ZÉRO

TU REPARS DE ZÉRO

Tu repars de zéro

Tu ne fais que passer

Pinceau traçant ses caractères

énigmatiques

Tu peins le passage

En te souvenant

de tes Encres Vives

Tu lèves l’ancre

d’un trait de plume

Tu lis Mi Fu :

C’est le va et vient du souffle

qui fait que le trait

est gros ici

et maigre là

Tu inventes le terme

Hypnographies

qui rejoint ton nuage de mots

et merveilles :

Le temps d’un haïku

Les mots neigent sur la page

Et sous les pavés

JJ Dorio plage de Fos sur Mer photo Francis Saint-Jean

dessin de couverture Claude Brugeilles

dessin de couverture Claude Brugeilles

hypnographie unique à chaque exemplaire JJ Dorio

hypnographie JJ Dorio

dessin de couverture Claude Brugeilles

hypnographie couverture unique pour chaque exemplaire JJ Dorio

dessin André Falsen

dessin de couverture Guy Toubon

COMMANDE

Jean Jacques Dorio

Domaine du Grand Pin

9 rue de la Bergeronnette

13500 Martigues

chaque exemplaire pour un billet de 10 euros ttc

Tout doit disparaître

(il reste pour chaque exemplaire 5 recueils de 16 pages publiés par Encres Vives

avec des couvertures exceptionnelles œuvres de Claude Brugeilles, Guy Toubon,

hypnographies de JJ Dorio, graphisme d’André Falsen)

dessin Guy Toubon