Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre à plus d’un titre
Ma vie dans une figue une noix
Une figure de style
Ma vie de passager
D’une poésie clandestine
Ma vie sans toi
Qui est partie au vent léger de l’oubli
Le titre est d’Armand Robin (1912-1961)

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre à plus d’un titre
Ma vie dans une figue une noix
Une figure de style
Ma vie de passager
D’une poésie clandestine
Ma vie sans toi
Qui est partie au vent léger de l’oubli
Le titre est d’Armand Robin (1912-1961)

(ce n’est qu’un brouillon qui vient d’être improvisé)
Il lit un livre nouveau et de temps en temps en passe à l’écriture pour garnir ses propres pages
par exemple en prélevant une petite cellule du texte (roman, essai, poème) qu’il utilise comme bouillon de culture de sa propre écriture
comme on dit chez Michel que sais-je? qui suis-je? sont deux questions qui l’occupent des nuits entières mais qui restent en suspens
en effet quand il essaie plume à la main d’oser leur donner quelques éléments de réponse il attire chemin faisant beaucoup d’épines dans ses pieds
et cependant même s’il écrit comme un pied il a l’audace de poursuivre son chemin couci couça cahin-caha
(non il n’a pas écrit à sauts et à gambades)
J’écris à ma manière à l’écart cet art d’une fugue censée m’aider à porter le poids de mes vies précédentes J’écris ces textes en ligne comme personne tout en chantant sur le mode mineur J’écris ici comme si j’étais ailleurs J’écris de mémoire et d’oubli J’écris entre deux sommes cette somme aléatoire J’écris à l’œil et au doigt J’écris pour échapper à la terreur des libraires qui entassent mois après mois d’éphémères nouveautés destinées à faire taire leurs lecteurs J’écris pour transformer mes proliférations numériques en un livre unique qui les fera disparaître une fois pour toutes de mon ordinateur
TU repars de zéro
Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques
Tu peins le passage avec légèreté et forces manières avec les formes de tes mouvements
Tu repars
Tu fais le départ entre dire et faire entre faire et laisser dire
Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture
Tu dis stop
Tu prends congé de ta Muse qui trop abuse
Tu lèves la main
Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci-couça d’un dernier trait de plume
Jeter sur le papier tes dernières hypnographies

Jacqueline Saint-Jean poèmes
Calligraphies sans clé
Sinon l’Alpha du feu
et du refus
sur mes hypnographies
Tu regardes le temps qui vacille hésite quelques minutes autour de minuit Tu écoutes mentalement Round Midnight puis tu éteins les feux Tu abandonnes tes dernières forces pour plonger dans les rêves où tu essaies en vain d’y voir les yeux fermés