J’écris à deux heures du matin ces neuf syllabes qui à présent sont vingt J’écris aux anges et aux démons qui sur le papier s’affrontent J’écris aux cinq doigts de la main aux six faces du dé Aux 7 jours de la semaine qui évoquent la Genèse J’écris Juventud divino tesoro (Dario) et sa traduction « Jeunesse mon divin trésor » (Dorio) J’écris comme dans la vie se superposent bien des formes de discours J’écris Sur la route dans le souffle du blues au studio d’enregistrement d’une interminable Jam Session J’écris la nuit comme il se doit au doigt mouillé et à l’oreille J’écris jusqu’au petit matin ces fadaises
La nuit toujours Encor la nuit Rien de voulu Rien de choisi Ni Oulipo Ni Olympie La nuit rumine Sa poésie Vous dire laquelle Je ne sais pas Si je savais N’écrirai pas Pour moi pour toi Pour Elle Pour vous Lecteurs brisés Au bord du vide Qui écoutez et sursautez Tissés d’histoires décousues Mémoire Oubli La nuit encore Toujours la nuit
Dorio encre de Chine la nuit du 10/11 septembre 2024
Cette nuit qui n’en finit pas j’ai retrouvé un carnet de notes écrites l’année 1973 Des esquisses sans phrases abouties écritesdebout dans la rue assis au café dans mon hamac portatif tissé par une amérindienne Kuna devant une exposition à Barcelone ou New York toujours loin de mon logis histoire de laisser libre cours à tout ce qui parlait à l’époque dans ma tête des notes venues comme par jeu sur le papier écrites par un je anachronique et lointain mais que je ne me résous pas à croire totalement disparu
une page d’esquisse de carnet de Miró photographiée au musée Matisse cet été 2024
Avec Je je me débrouille comme je peux Je amoureux et Je jaloux Je jouant avec la langue de Molière ou de La Rue Je qui avec le temps se métamorphose en un être plus ou moins reconnaissable Je bavard et Je silencieux Je en fuite dans une phrase qui fait erreur sur la personne Je sous le charme des Jeunes Filles en Fleurs Je des Enfers vécus et Je des Paradis perdus Je enfantin enfantant des géographies mentales Je amant des mots des choses et des douc/leurs de nos existences
Une repousse venue d'une lectrice des Hautes Pyrénées
Je Sans foi ni loi Ou presque Je N 'est pas toi Mais si proche Si loin Je Quand vient la nuit Raccommode Mes souvenirs Et mes oublis Aussi
Je Prends le frais Des jours de fin D'été Et j imagine Où vont les hirondelles Vers quels pays Qui croisent elles Ces voyageuses
Je Sous le rythme Des saisons N écris que Les traces Muettes Du passage Un battement D' ailes Et puis s'en vont