J’AI TOUJOURS FUI LES GENS AUX HUMEURS NOIRES


J’ai toujours fui les gens aux humeurs noires
Chagrins, fâcheux, mélancoliques, hagards,
Grincheux, dépités, présomptueux lézards
Qui se dorent au soleil de leurs désespoirs

Pour toi, Amour, sonnets rondeaux, ballades,
J’ai écrit j’ai chanté comme un malade
Qui fait la nique aux maladies de l’âme
Pour tes yeux lumineux, tes cheveux d’or, le rubis de ta bouche,
Pour la beauté lunaire de ton front argentin

J’ai écrit retiré du fond de la nuit brune
Lisant et écrivant sonnets des plus anciens
Changeant vers de l’Enfer en poèmes bon teint
Épouvantables idées en chants spirituels
Je te donne en fin ce vers inactuel




AMOURS ET CONTR’AMOURS VOS ARDEURS ÉCRIVEZ


Amours et Contr’amours vos ardeurs écrivez
Amours pures d’un jet Contr’amours contariées
Les Amours de Ronsard Contr’amours de Jodelle
Couché au doux abri d’un myrte et d’un cyprès
D’Aubigné amoureux, les horreurs de la guerre
Tente en vain d’oublier Amour faites non la guerre
Allez mes vers accompagnez plutôt que massacres
Beautés Sonnets pour vos belles angevines
Belles comme l’aurore de paroles divines
D’un seul petit regard nous voilà enflammés
Comme on voit dans la nuit un beau ballet d’Amour
Contr’amour s’est noyé dans le fleuve Méandre
Vos yeux sur les minuits viennent encore me prendre