ENTENDRE SANS TREMBLER VIVRE SANS Y PENSER

Et pour un bel été :

de Michel Chalandon

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

Entendre, que dire, que faire, il dort et il sourit, nous y sommes, et sommeillant nous sommes, de balcons en terrasses, et d’escaliers à la récolte tu ne tiens plus, tu ne domines plus, ils sont ici, et sommeillant ils sourient, les enfants en dormant, je tremble et je te dois, nous sommes, et y allant, et reprenant, et comprenant, de rêves en dérives, de cour en avenir, et d’espérance, du bleu et du vert, et des oiseaux, je chante et tu surviens, y sommes-nous vraiment, entendons-nous ce qui reste de courage, les yeux fermés et sommeillant, il sourit, je suis à cette dérive, je pose, tu trembles et tu reprends, tu tournes et plus rien ne t’agite, je te dois, je te dis, je sème et tu récoltes, y sommes-nous vraiment, en serons-nous encore, au calme et au feu, franchissons, détournons, commençons, les rives et les lois, le juste et le morceau, tu tiens à la main le reste de bois, et neuf, et commentant tu règnes et je comprends, j’entends, je tremble, tu évites de plus et de loin, de retrait et en garde, il faut encore que le supplice dure, et tenu, et tiré, tu cernes et je comprends, encore, et encore, quoiqu’il se passe, et quoiqu’on dise, il faut une tête pour tout comprendre, il faut une main et un cœur pour tracer, je te retiens et tu éclaires la route, soleil et ombre portée, je tiens et tu réclames, je veux et tu indiques, et sur le sable et sous les pieds, on arrache, on reprend et de proche en lointain, tu griffes le chemin, cœur épouvanté, le vent te retient, tu tournes, et je décide les ombres et les pleurs, les rives et la main, tu griffes et je couronne

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

À la main et au pied, balle au bond et murs étrangement lavés, tu racles et tu concèdes, y sommes-nous encore, entendons-nous combien de rives et de larmes, de pierres et de troncs, de verres et de tables, idées assemblées, cœurs évanouis directement au tremblement, subitement à la confession, je suis, je tourne, tu épargnes mes peines et mes joies, douleurs en apparence et rires déposés, devant ceci, devant cela, de fer et de terre, et pots, tout va encore et encore, fontaine à ta pierre, je te casse d’efforts et d’habitudes, et de sourires en feuilles blanches, tu crisses et je broie craie et cadence, de point en point et de traces en prières, tu présentes et j’entends je tiens, et tu reprends, nous sommes et nous sommes, et sommeillant, et tremblant, sur le bord, sur la rive, depuis, et plus encore, de vagues, en sanglots, et de citrons en aubépines, la main griffée, le reste au chaud, de dérives en accomplissements, et de miracles en escalier,

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

Un pas spécial, un saut sur l’herbe, et au pied de l’arbre, je tremble et tu réserves.

17 juillet 2023.

Michel Chalandon

https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/

entendre sans trembler : dire sans y penser

Dorio 22/07/2023 01h44

JUILLET JUJUBE ET JUJUBIER

LECTEURS DU BLOG

POÉSIE MODE D’EMPLOI

PASSEZ UN BEL ÉT֤É

L’internautonier pousse sa barque :

lebontempsdelavie

Une anthologie

 pour les lecteurs de poésie

http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

« Envolez-vous, pages tout éblouies ! »





Septième mois : juillet. Jujube et jujubier.

Septième vie dans la cité de la Concorde,

Quand tout autour le monde violent se défait.

Nous maintenons récitatif, cordes de feu,

Souffles des poésies, simplement et sans bruit.

Écrire sans raisons, c’est ma raison d’écrire.

La lune a disparu dans un coin du verger,

C’est le moment de déployer nos alphabets.

Belles de nuit, filles d’Orphée et feux follets.

Jetez les dés, portraits au crayon des poètes

d’ici et maintenant, dessins de  Jacques Basse.1

On l’entend sans la voir ma bouteille à la mer,

un peu de souffle, un peu de chant, beaucoup de temps,

Source des nuits qui la remplit d’une eau discrète.

On la voit sans l’entendre, fiasque, fiole, fillette,

Ailes de papillon, vertiges de mouettes,

Je les confie au vent, à la joie qui sécrète

ce miel secret pour le lecteur de l’autre rive.

Humour, légèreté du murmure intérieur.

Va-et-vient des poèmes que l’on dit essentiels.

Le- bon-temps-de-la-vie, j’ouvre une anthologie,

Un poème par jour alternant homme, femme,

divers, vivants et bien vivants…et loin des maîtres!

Sous l’écorce des mots de la tribu, l’aubier,

La vie du langage qui nous donne vigueur,

joie, puissance d’agir, ABC fraternel,

imagination (faites la diérèse).

Le grand-duc au grenier, un poète empaillé.

Il se plaint de sa vie, du destin, du cogit

Ô nausée, vie absente, couchées sur papier bible.

1 « Visages de Poésie » Editions Rafael de Surtis

JUILLET JUJUBE ET JUJUBIER

Un poème publié par Michel Cosem à Encres Vives

Dans le recueil

DOUZE MOIS EN ALEXANDRINS

Collection Encres Blanches n° 663

Avril 2016

UNE TRACE COMMENT LAISSER UNE TRACE

 

Une trace
Laisser une trace
Comme un baiser
Un sourire
Et disparaître
...
N être plus
Qu’un souffle
Dans les feuillages
Une couleur
Une odeur
Un poème
Interrompu
...
Que de mots tenus
Sur une route incertaine
Nous sommes ainsi
Proches et lointains
Dans la fraternité
Et le souvenir vivace
...
L’orage attend
Son heure
Nous rêvons alors
Des amis disparus
Leurs sourires
Leurs poèmes
Bien inscrits
Tout près du cœur
...
Il pleut longtemps en nous

Danielle Nabonne





UN BEL ÉTÉ

L’éclair de l’instant L’Attention portée aux chocs verbaux Qui rencontrent nos émotions  JJD

Michel Cosem qui vient, hélas, de nous quitter, n’a jamais laissé passer la fin juin sans m’envoyer une petite carte bristol où il me souhaitait, de son écriture simple et élégante, un bel été. J’ai imaginé qu’à l’instar de ce premier poème que vient de m’envoyer Danielle Nabonne, chacun.e d’entre vous, pourriez participer, à votre guise (poème ou prose poétique), au paradoxal far niente d’un temps suspendu où la vie semble ne reposer que sur notre bon vouloir. Envoyez vos textes svp sur mon adresse mail ci-dessous et je les "posterai" les uns après les autres, en souhaitant qu’ils suscitent en vous un désir d’en faire votre miel (en lisant en écrivant). Merci d’avance pour votre désir d'échanger nos belles utopies.

 Jean Jacques Dorio
doriojeanjacques@gmail.com 

UNE TRACE voix JJ Dorio 21/07/2023 16h45

ZÉPHYRE BELLE ENDORMIE DE SCUDÉRY





2
Je lance un scud sur Scudéry
Un missile imbécile sur
Zéphyre la Belle Endormie
Qu’il écrivit d’une main sûre

La Belle du sonnet repose
Les yeux fermés pleins d’agrément
Ses seins demi-nus palpitant
Son haleine parfum plus doux

Que l’esprit de musc et de rose
Le Poëte on le lit abuse
Use de figures futiles

Mais qu’il me plait de retresser
C’est une dame revisitée
Par des métaphores qui filent

Georges de Scudéry (1601-1667)

série : Lir'écrire encor des sonnets ? Il faut être sonné !