
J’écris parce que j’ai lu
Ce que d’autres ont écrit
Mais aucun n’a écrit ce que j’écris
*
J'écris allongé Longtemps j'ai écrit debout Les mots font les morts (après avoir longtemps fait l'amour) un haïku allongé
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

J’écris parce que j’ai lu
Ce que d’autres ont écrit
Mais aucun n’a écrit ce que j’écris
*
J'écris allongé Longtemps j'ai écrit debout Les mots font les morts (après avoir longtemps fait l'amour) un haïku allongé
HÊTRE OU NE PAS HÊTRE
Il y a comme un grand trou dans la forêt sous le feu du réchauffement climatique
Le hêtre, h aspiré par le stress hydrique, sacrifie ses feuilles, puis sa ramure, entre en dormance et connaît son dernier printemps si la sécheresse persiste
Mais le mort peut rester sur pied jusqu’à deux décennies
Les pics y logent alors et les insectes saproxyliques se goinfrent du bois en décomposition
Adieu la chouette de Tengmalm et au loir qui aiment les hêtres vivants et fringants
Notre hêtre toutefois en a vu d’autres Il est né sur terre il y a cinquante millions d’années et sous sa forme actuelle marque sept cent mille ans au compteur
En grande difficulté il met les voiles vers le nord ou prend un peu d’altitude pour s’adapter et se modifier
Et pour le reste pour les humains d’aujourd’hui impossible de savoir la suite Mais ils auraient intérêt à tout faire pour ne pas que s’amplifie ce grand trou dans la forêt des hêtres suprêmes où tant de menaces s’allient à tant de promesses de persister
sources Le Monde 13 juin 2023
Je reconnais l'impardonnable linceul Celui qui coupe et qui éloigne Celui pour lequel nous ne sommes rien Et qui emporte inéluctable toutes les racines tous les soleils Pour un terrible amas de cendres Michel Cosem L'Âme de la Grande Ourse 422° Encres Vives Michel Cosem nous a quittés C'est dur à dire et encor plus à répéter Michel Cosem nous a quittés


Vis à vis à gauche un haïku (5/7/5) à droite trois lignes en vers négligés
Au chien qui fume Les musiciens font un bœuf Et sur le toit s'envole l'oiseau Quetzacoatl * Odeur foin coupé Le printemps de Vivaldi Je peigne mon bœuf
Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal
Dans l’arbre où je pense être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner
Dans l’arbre où je souffre les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime
Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord
avec l’aide de Shakespeare, Montaigne et de Clément Marot