HÊTRE OU NE PAS HÊTRE

HÊTRE OU NE PAS HÊTRE

Il y a comme un grand trou dans la forêt sous le feu du réchauffement climatique

Le hêtre, h aspiré par le stress hydrique, sacrifie ses feuilles, puis sa ramure, entre en dormance et connaît son dernier printemps si la sécheresse persiste

Mais le mort peut rester sur pied jusqu’à deux décennies

Les pics y logent alors et les insectes saproxyliques se goinfrent du bois en décomposition

Adieu la chouette de Tengmalm et au loir qui aiment les hêtres vivants et fringants

Notre hêtre toutefois en a vu d’autres Il est né sur terre il y a cinquante millions d’années et sous sa forme actuelle marque sept cent mille ans au compteur

En grande difficulté il met les voiles vers le nord ou prend un peu d’altitude pour s’adapter et se modifier

Et pour le reste pour les humains d’aujourd’hui impossible de savoir la suite Mais ils auraient intérêt à tout faire pour ne pas que s’amplifie ce grand trou dans la forêt des hêtres suprêmes où tant de menaces s’allient à tant de promesses de persister

sources Le Monde 13 juin 2023

MORT D’UN POÈTE

Je reconnais l'impardonnable linceul Celui qui coupe et qui éloigne 
Celui pour lequel nous ne sommes rien 
Et qui emporte inéluctable toutes les racines tous les soleils 
Pour un terrible amas de cendres

Michel Cosem L'Âme de la Grande Ourse 422° Encres Vives

Michel Cosem nous a quittés
C'est dur à dire
et encor plus à répéter
Michel Cosem nous a quittés

DANS L’ARBRE OÙ JE RÊVE

Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal

Dans l’arbre où je pense être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner

Dans l’arbre où je souffre les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime

Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord

avec l’aide de Shakespeare, Montaigne et de Clément Marot