Aux branches de mon arbre Les pendus de Villon Mais aussi mes vieilles branches Mes copains de jargon Aux branches de mon arbre ”Rien qui pèse Ni qui pose” Mais de petites fleurs Que souffle Sydney Bechet Aux branches de mon arbre Où des bouffées de neige Me rappellent une dame d’antan
LA PURETÉ D UN ARBRE
La pureté d’un arbre
Rejoint celle des bras enfantins
Qui l’etreignent
Y grimpent
Pour se saouler de cerises
Et de chants de Brassens
Auprès de mon arbre
J’ai vécu heureux
DÉCLINAISONS D’UN ARBRE
Pour Sylvie Gate
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/
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DE L’ARBRE QUI NE RÉVÈLE PAS NE CHERCHE PAS MAIS SIGNIFIE
de l’arbre où poussent les neurones de notre cortex /de l’arbre transfert aérien de notre for intérieur/ de l’arbre ébranché dans un alexandrin : voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches Verlaine/ de l’arbre qui irrigue les carnets et les cahiers de peintres qui essaient pour le figurer de prendre le recul nécessaire sur leurs pratiques millénaires/ de l’arbre de citations /de l’arbre qui cache la forêt des symboles /de l’arbre composé par les mille et un contes de la nuit : contes de survie contes de défi et chansons où l’on écrit son testament : est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil Brassens /de l’arbre apparaissant sur la langue tirée par monsieur Einstein /de l’arbre mort de mon jardin un cerisier dont j’ai conservé le tronc et les fourches pour m’y asseoir et converser avec mes livres imaginaires qui tels l’oracle de Delphes ne révèlent pas ne cherchent pas mais signifient /de l’arbre du signifiant en ces chaos inattendus cahin caha/ de l’arbre de la barque de Francis Ponge qui s’en va couçi couça « comme tout au monde à sa perte tel un fétu »/ de l’arbre des contes populaires du petit poucet et du baron perché /des arbres de toute une vie où figurent l’écorce et la chair de nos autoportraits /de l’arbre qui s’efface et fuit la terre en feu/ de l’arbre qui déploie ses racines dans le sol jaune des amours contrariées ou perdues/ de l’arbre résistant contre vents et marées

Dorio 2 juin 2023
ICI JE ME TIENS
ICI JE ME TIENS
J’ay un dictionnaire tout à part moi Je passe le temps…quand il est mauvais et incommode Quand il est bon Je ne veux le passer Je m’y tiens Montaigne -Alors qu’est-ce que t’as écrit cette nuit ? – Cette nuit j’ai rempli la pénultième carte cartonnée de couleur bleue de notre série : Alors qu’est-ce ce que tu as écrit cette nuit ? Cherchant comme toutes ces nuits-là, à mettre en forme l’informe qui traverse mes écrits, le tout d’un lieu unique où je puis écrire sans barguigner « Ici je me tiens ». Je me tiens alors que tout autour de nous semble se défaire, le climat, la planète, la politique et jusqu’à ce retour insensé de la guerre en Europe. Violence des images et douceur du papier Livres livrés au gros sel sur les plaies Le sable de la haine dans les yeux de ceux qui alimentent les réseaux asociaux Ici contre vents et marées où je fais mes gammes pour tenir droit (La Gamme en forme de petit opéra fut composée par Marin Marais en 1723, à l’âge de 67 ans.) Ici, en ce jour dernier de mai 2023, en sursis de rêves perdus et soudain retrouvés dans un mot que je déclinais jadis naguère en 4 recueils de 16 pages A4 * pour 4 lecteurs, comme l’on dit des chats, Reconnaissance du Paradis, le jardin clos des persans qu’ils nommaient paridaisa. Ces quatre recueils dont j’aurais voulu faire un gros grand livre et ses trésors de labyrinthe en utopie, inépuisables allégories comme une partition musicale aléatoire et combinatoire, comme un tableau monotype ou la non-figuration nous emporte dans les sous-bois des pré-textes, sous-textes, hors-textes. Hasards en lutte avec Harmonie. Un gros grand livre sur et dans ma tête en vision simultanée, réduit maintenant à cet exercice dérisoire, ridicule, atypique, écrit sur une feuille de filtre à café, mais « suffisamment pour ouvrir les yeux », à ceux et celles qui aiment le désordre des signes en rotation, qui creusent labyrinthes, jardins, éphémères paradis. « Présents de Paradis », « Éphémère Paradis » « Lector in Paraiso », « Petites feuilles de Paradis » Encres Vives (collection Encres Blanches) Jean Jacques Dorio
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
AUGUSTE RETRAITE QUE RIEN NE T’ARRÊTE

QUE RIEN NE T’ARRÊTE AUGUSTE RETRAITE
-Alors, qu’est-ce que t’as écrit cette nuit ? – J’ai beaucoup écrit sur différents formats, de diverses manières, multiples inspirations. Écrire est avant tout une pratique : explication, exécution, mise en action des règles, des principes d’une science, d’une technique d’un art, par opposition à la théorie. Et plus particulièrement l’art en question, l’Écriture, a besoin de ce petit instrument fragile et subtil, naguère un porte-plume, aujourd’hui, en ce qui me concerne, une pointe fine, qui réclame qu’on la manipule avec légèreté. Une pratique sans intention préalable de rencontrer un lecteur, si ce n’est le lecteur de soi-même Proust, exerçant un rituel d’actes répétés aboutissant à une page dont la reprise le lendemain depuis le clavier de l’ordinateur, donnera une nouvelle copie, « au propre » désormais, tant la conversion numérique facilite la tâche. (Entre parenthèse, quel plaisir ce fut d’acheter ma première machine à écrire et que de ratages, de cris et de chuchotements, quand les touches se coinçaient, les rubans se déchiraient.) -Allez, trêve de mise en perspective, donne-moi s’il te plaît, une petit bout de texte qui est sorti de ta pratique. –Retour en grâce du stylo qui écrit tout seul sur la grande page de l’insomnie heureuse, dans un temps qui paraît continu mais qui n’est que sauts et gambades (…) en parlant ainsi au papier ma main que Nature a fait vieillir se donne l’illusion d’un retour à Jeunesse « Je me suis dit laisse Et qu’on ne te voie Et sans la promesse De plus hautes joies Que rien ne t’arrête Auguste retraite Rimbaud Chanson de la plus haute tour