Ma poésie n’est pas à vendre La preuve ici elle est donnée Un courant d’air entre deux portes Fenêtres ouvertes sources cachées Ma poésie n’est pas à moi Moi et son culte effréné Des soi-disant poètes cloîtrés Qui se hérissent à votre approche Ma poésie Secret des Marges Petit métier À sauts et gambades Formes et forces de l’esprit Qui du poème fait magie Un présent une énergie Qui est dans la chose donnée Elle oblige le lecteur À ne pas la garder pour lui C’est le secret du don Il n’est jamais gratuit italiques titres recueils JJD
UN PEU DE BLEU SUR UNE FEUILLE BLEUE
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Ce moutard était là avec un air idiot à jouer…devinez ? du bilboquet ! Ah ! il avait enfilé dix-neuf fois la boule ! et il continuait en comptant : vingt, vingt-cinq, trente…ça ramassait le monde…
Charles Cros
Maintenant aussi il faut bien se persuader de l’inutilité de cet exercice : un peu de bleu sur une feuille bleue
C’est comme le monologue du bilboquet paru en 1877 dans la Renaissance littéraire et artistique
Un texte à pleurer de rire
Mais totalement inutile
Sauf qu’en le lisant à plusieurs
Un verre de vin à la main
On reste sur le cul
Comme écrivait crûment un autre animal littéraire
à propos d’un autre jeu littéraire plus métaphorique et mélancolique
Ma jeunesse est partie
Ma jeunesse est finie
Ce qu’il y a de bon avec les exercices d’inutilité faits avec un peu de bleu sur une feuille bleue
c’est qu’il est inutile de chercher une conclusion
la chute vient d’elle-même
et la boule d’ivoire n’a toujours pas rencontrée
le mince bâtonnet
POUR CALMER LA DOULEUR
Pour calmer la douleur faites des fantaisies
Coupez vos livres en deux comme ce vers à l’hé
mistiche Amusez comme le psy Lacan
la galerie Nyania Pour dire et suggérer
Tirer les vers du nez nyania beaucoup à faire
On songe à Cyrano ou aux âmes bien nées
Pour calmer la douleur la tenir plus tranquille
La forêt du langage la cacher par un arbre
Nyania le baobab et le baba au rhum
Nyania le pin d’Alep et celui de Cézanne
Le chêne le roseau le bambou mal pensant
Le hêtre le néant et le baron perché
sur la littérature d’Italo Calvino
Pour calmer la douleur se plaindre est inutile
https://www.youtube.com/watch?v=5-IxkvaXlzE Max Richter (Return) J’écrirai le mot fin comme arrivé au port Cette fin n’est autre qu’un recommencement Raymond Queneau (1903-1976)
TENTATIVE POUR APLATIR LES EXPONENTIELLES DU CORONA VIRUS
TENTATIVE POUR APLATIR LES EXPONENTIELLES DU CORONA VIRUS
1 Corona
2 Corona cornaline
4 Corona cornaline architecture frontalière
8 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles
16 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles là où ce dimanche du vingt-neuf mars
32 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles là où ce dimanche du vingt-neuf mars la première guêpe du printemps vint me dire à l’oreille le blé pousse et la
64 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles là où ce dimanche du vingt-neuf mars la première guêpe du printemps vint me dire à l’oreille le blé pousse et la capucine danse dans les prés des personnages légendaires Peau d’âne Madame de Pompadour L’Enfant de la Haute Mer Le père DGoriot Monsieur le Même et Madame Même Pas Peur la
128 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles là où ce dimanche du vingt-neuf mars la première guêpe du printemps vint me dire à l’oreille le blé pousse et la capucine danse dans les prés des personnages légendaires Peau d’âne Madame de Pompadour L’Enfant de la Haute Mer Le père DGorio Monsieur le Même et Madame Même Pas Peur la guêpe qui se transforme en ce bourdon pestilentiel des fileuses de mémoire et des Poissons solubles Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles le rire débridé de celle qui a perdu le contrôle de son cortex préfrontal et qui rit et rit comme une pestiférée entre la source de Nadja et la nage de ma morte femme aux bras levés continuant à tenir
256 Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles là où ce dimanche du vingt-neuf mars la première guêpe du printemps vint me dire à l’oreille le blé pousse et la capucine danse dans les prés des personnages légendaires Peau d’âne Madame de Pompadour L’Enfant de la Haute Mer Le père DGorio Monsieur le Même et Madame Même Pas Peur la guêpe qui se transforme en ce bourdon pestilentiel des fileuses de mémoire et des Poissons solubles Corona cornaline architecture frontalière pour aplatir les exponentielles le rire débridé de celle qui a perdu le contrôle de son cortex préfrontal et qui rit et rit comme une pestiférée entre la source de Nadja et la nage de ma morte femme aux bras levés continuant à tenir mon ciel constellé de caractères moitié chinois moitié imaginés disséminés par les embruns sous le sable des pavés dans cet état de non pesanteur tel l’oiseau peint par Braque la force secrète de son « écologie » et puis courir les rues désertes fendre les flots du grand sommeil souci de soi souci des autres ça va de pair j’écris avec des mots des images un stylo j’écris à l’aveuglette sans réfléchir sans infléchir le projet de remplir mes papiers d’identité j’écris avec les données éparpillées d’une vie de mémoires pillées -la mienne et celle des gens de rencontre croisés dans les livres, les films, les musiques, les tableaux – et en réalité j’écris avec mes proches mes deux filles qui me tiennent éveillé j’écris avec celle qui s’est dérobée mais qui demeure mon art premier j’écris avec ma femme que j’appelais en souriant mon épouse préférée avec sa joie de vivre nos lettres d’amoureux j’écris avec ses maux derniers atroces cruels injustifiés j’écris avec son absence hors du temps dans le lit solitaire des mille et une nuits j’écris avec des cris et des outils que j’essaie au mieux de maîtriser pour comprendre cette histoire au présent d’une vie que « nul fil d’or ne relie »
512 …
IL Y A LEXIE ET ALEXIE
Tu lis la littérature d’un professeur de neurologie qui raconte les histoires vécues par des patients tombés en panne de perceptions à la suite de divers accidents cérébraux.
Parfois on dirait Monsieur Plume de Michaux ou Palomar, moins connu, mais tout aussi savoureux, d’Italo Calvino.
Ce matin, par exemple, tu fais l’expérience de « cécité verbale ».
Tu es dans ton hamac, c’est dimanche de Pâques deux mille 20, tranquille et calme, sous le ciel bleu qui moutonne, entouré de tes arbres et de ta pelouse en fête. Une tendinite tenace t’interdit de faire la première coupe et les herbes, fleurs, boules de pissenlits sèment à tout vent.
Et alors « l’alexie » ? – c’est le nom scientifique que notre neurologue emploie.
Eh bien voilà, si un accident vasculaire provient à l’endroit du cerveau qui nous permet en temps normal de reconnaître les lettres, tu deviens incapable de lire, mais non d’écrire !
Ton système de reconnaissance des lettres est détruit.
Idéal pour confier ce petit texte à des lecteurs bienveillants qui pourront si tu les sollicites te le relire à haute voix,
Résurrection pascale oblige.