
Sur mon mur blanc Les images sont illisibles Mais dans ma tête elles fourmillent
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Sur mon mur blanc Les images sont illisibles Mais dans ma tête elles fourmillent
pour María Dolores Cano La face cachée d’un poème Ici sur ce papier blanc blême Sur ce papier l’art d’échouage Où l’on essaie un mot puis l’autre En reliant Tohu-Bohu Guerre du Feu et de la Terre à la modeste poterie aux joies de l’homme d’argile à la femme qui barbotine La face cachée d’une pièce Mise ici sur le papier Barbotée bredouillée fouillée Au bout des doigts de Soi de l’Autre C’est réussi ou c’est raté Savoir-faire n’est pas donné Ici sur ce papier où l’encre Le temps d’un poème…a coulé


Ceci est un témoignage Une craquelure sur papier Des variations sur mon humain voyage
Dorio 22/05/2023
5 Au cœur de la nuit Fantôme dans mon linceul Seul seul seul seul seul

6 Au creux d’un platane L’enfant lit Le petit prince Le baron perché
CENT POÈMES SUCCINCTS
Poèmes succincts Mes pensées sont soulevées Par un 5/7/5
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UN TEXTE QUE PERSONNE N’A JAMAIS LU
Voilà un texte que personne n’a jamais lu. Même pas son scripteur qui va au fur et à mesure l’inventer. Mais comme il ne croit pas en l’inspiration, il s’est donné quelques consignes, non d’écriture, mais de parlerie. Il s’est mis à parler et à déparler, de choses et d’autres, en proférant, articulant, criant, débitant, émettant, énonçant, exprimant, poussant, prononçant : toute émission étant préférable au silence. En même temps, il est en quête de clichés, expressions toutes faites, à qui il s’efforce de tordre le cou. Ainsi ce n’est pas le joug de la tyrannie, qu’il secoue, mais la joue d’Annie, son modèle, qu’il entoure de roses. Quand son exercice un tantinet oraculaire s’achève, il lui devient possible d’écrire enfin sur des feuilles blanches qu’il couvre de lignes d’un noir absolu. Ce texte maintenant peut-être relu sur un arbre perché ou appuyé à son tronc, en dégustant une pomme rouge ou verte, de celles que l’on peut voir en peinture dans l’atelier de Cézanne ou d’Hokusai.
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NAISSANCES DE TEXTES Ces commencements qui n’en finissent pas
