Mots de poètes qu’on ne lit plus : les frondaisons l’ache les philtres d’amour l’épilobe en fleurs le serpolet Quant au bonheur : Il a filé* * Paul Fort (1872-1960) Le prince des Poètes
LE FEU DE L’HUMANITÉ
NE PAS LAISSER MOURIR LE FEU DE L’HUMANITÉ Revisitez Revisitons Aux fruits de la passion de Pennacchioni connu sous le nom de plume de Daniel Pennac La vie vécue à posteriori Une liste de mariage ouverte chez Tati À tati à tâtons Refaisons le monde des Voyants à la Rimbaud et des Voyantes à la Thérèse ma sœur qui tire la bonne aventure dans une minuscule caravane tchèque en diffusant Caravan de Duke Ellington au piano Juan Tizol un coauteur au trombone Coutie Williams à la trompette suraiguë comme s’il avait le feu au cul Et Johnny Hodges le plus sensuel des saxophonistes soprano surnommé allez savoir pourquoi The rabbit : qui suis-je dans le Monde ? Ah ! c’est le grand puzzle ! confiait à la petite Alice Liddell le mathématicien poète Charles Litwidge Dodgson alias Lewis Caroll À tati à tâtons On s’est perdu comme toujours dans ce genre d’histoire sans fin pour nous guérir un peu de la guerre en Ukraine de la ballade des jeunes hommes pendus en Iran et des vieux chinois qui meurent aujourd’hui comme des mouches de l’ex-covid zéro transmis naguère par les pangolins du marché de Wuhan On s’est perdu comme toujours dans une crise d’imagination proche de l’épilepsie et de cette sublime supplique dite dans la langue de Malaucène : ils s’étaient senti la mission de ne pas laisser mourir de feu l’humanité…
UN ONZAIN ÉCRIT SUR LE ZINC
Ce sera un onzain Une fois une seule Ce sera un zinzin Qui fait tenir la nuit Non une forme vide Illusoire ou putride Mais Métaphore vive Le Monde cousu main Une fleur inversée Absente de tout bouquet Et qui sent bon le zen
JE ME PERDS DANS MES RÊVES
JE ME PERDS DANS MES RÊVES mais comme dans un grand jeu de l’Oye il y a des cases d’épreuves pour m’avancer ou me rétrograder il y a des citations est-ce de la Bible ou de Shakespeare ? des vers de Jean Racine Je me trompais moi-même ! Ami n’accable pas un malheureux qui t’aime. Pylade ou Oreste ? Au reste toujours l’odeur du sang : tous les parfums de l’Arabie n’adouciraient pas cette petite main shakespearienne qui écrit sur son papier qui se déploie sur des centaines de verstes Anton Tchekhov dit de ces anciennes mesures de longueur : elles ne sauraient vous accabler autant qu’un homme qui s’incruste chez vous pour parler sans fin C’est ce que font la kirielle de romanciers vendus comme des petits pains non ? De grâce petit me dit le poète de Face à ce qui se dérobe ne te laisse pas emporter dans la caravelle de la prose du monde qui va t’enfouir corps et biens Et continue s’il te plaît à te perdre dans l’espace d’un texte où le temps mis à l’éprouver tout au long d’une vie va peut-être te donner in fine la chance de retrouver ce lecteur de toi-même rêvé par celui qui partant à la recherche du temps perdu découvrit qu’il possédait un sens spécial tel celui ou celle qui regardant dans un télescope fait apparaître les étoiles qui sont invisibles à l’œil nu Moi poursuit l’écrivain protée j’ai tâché de faire apparaître à la conscience des phénomènes inconscients qui, complètement oubliés sont situés très loin dans le passé…

source manuscrite Martigues 14 janvier 2023
21 EXERCICES D’UN RÊVEUR VIGILANT
JE T’RÊVE Ah ! Si je connaissais un homme Qui oublie le langage Pour avoir à qui parler. Tchouang Tseu Je rêve que j'erre dans l'infini des rêves de mon être imaginant Je rêve de la fin de partie de ma vie d'enseignant et de la folle école Je rêve que l'on m'appelle par dérision Maître François Villon L'an soixante-sixième de mon âge Je rêve encor d'enfantillages Je rêve du crayon et de la craie Je rêve du lézard et du chardonneret Je rêve de la prise d'Ilion et du cheval de bois JE T’RÊVE (21 exercices d’un rêveur vigilant) Editions Rafael de Surtis décembre 2011