HUGO IX JANVIER DEUX MILLE VINGT DEUX

Ce que j’aime dans les textes anciens c’est leur nouveauté. 
 Ce que je déteste dans les textes nouveaux c’est la banalité de leurs clichés.

Rependre Hugo l’Inépuisable
Absent mais attentif Que diable !

Le rapiécer de neufs habits
Ce 9 janvier 2 mil 22

Lire Totor Signer Bibi
Pasticher l’esprit boutadeux

Passer ainsi d’un livre à l’autre
De griffonnages en gribouillis

Faire des farces sous les astres
Touiller ses crèmes et bouillies

Jouer avec ses taches d’encre
Ayant des aspects d’animaux

Faire des pieds et des dactyles
Donner au poème un style
D’improvisation -mot à mot-
Farfadet léger Lever l’ancre

Relire Hugo c’est pas pour dire
Mais ça fait pendant le Covid
Un bien fou C’est à l’écart vivre
De mille vers Rimes d’un vide
Où amusé je procrastine

Je suis au bois où l’on entend
Joyeux la flûte des Satyres
Et je fais des niches aux pédants
Parodies Pastiches Satires

Arrête-là me dit Victor
Referme à dessein mon livre

Ouvre ton cœur Prends ton essor
Enfantin, bucolique, ivre.

Italiques Victor Hugo

MA SEMBLANCE





J’ai écrit sur tout et sur rien 
bien avant de t’avoir connue

Mais après ta mort
qui m’a laissé sur le c.
(pardon mon amour pour « le gros mot » suggéré)
Écrire pour continuer à vivre
est devenu mon viatique
 ma p’tite folie 

Plus que jamais 
et dans la nuit
Je forge à ma manière ces Essais
Nés pour Montaigne aussi
de la mort de son ami La Boétie

Celui qui, à ma connaissance,
fut le seul vivant à appeler son épouse 
ma semblance

Plus que jamais
Mes paroles ont semblance
d’un homme qui sème
sur un chemin 
voué à l’effacement


AMAS DORÉS D’IMAGES ET D’UNE QUESTION





NOIR CARNET dorio (23/11/2021 02/01/2022)
QUESTION POUR UN AMATEUR (de poésie)

On a des armes pour rire
Et un cœur pour mourir

Encore un diptyque
Qui te laisse baba

Mais qui était donc ce type
Dont les fenêtres brillaient
Comme des yeux

Avec des suites aussi banales que
Le général est un vieux monsieur


MÉTAPHORIES

Je me meus me déplace
D’un mot à l’autre
Dont je transpose les sens

Amas dorés d’ombres et d’abandons 1

-Mais pour quel intérêt ?
demande Monsieur Perplexe.
-Mais c’est parce que c’est la seule manière de rendre le mouvement et la vie !
-Comme c’est étrange, 
Ajoute Perplexe
-Et oui, cher professeur, ce n’est pas du langage courant après l’ombre des morts vivants.

1 Paul Valéry Dormeuse

NOIR CARNET

Mon carnet commencé le 23 novembre 2021
De l’année précédente
S’achève ce deux janvier 2022

Sa page dernière est cornée
Un participe sujet à de multiples interprétations
Qu’il est inutile ici
D’écorner






LE MOT FIN





-Vous savez ma chère Céleste il est arrivé une grande chose cette nuit…
-Monsieur je ne sais pas ce que cela peut être
-Eh bien je vais vous le dire
J’ai mis le mot FIN
Maintenant je peux mourir

Céleste Albaret Monsieur Proust

J’ai encore essayé cette nuit, non sans mal, de compléter mes alphabets
J’ai encore essayé comme de coutume en lisant, en écrivant, 
en suspendant de longues minutes ces deux activités

J’ai mis à mal le sommeil et son arc-en-ciel
Ma griffe a labouré les codes et les cadres
Comme le font contre les écrivains du dimanche
Les poètes du lundi matin

Et puis dans la fumée sans feu
J’ai écrit le mot FIN

AI-JE DE LA CHANCE ?





Il est si vulnérable qu’il prendra l’habitude de la solitude comme le seul moyen de protection, la seule arme.

Jean Cayrol (Pour un romanesque lazaréen) 1949

J’ai de la chance
Ma solitude réelle, contextuelle,
Me donne accès à de grandes plages de lectures
Mêlées à mon écriture incertaine, mais nécessaire,

J’ai de la chance
De pouvoir écouter les podcasts
Des radios du Service Public,
Dopé par l’inflexion des chères voix qui se sont tues,
Et par celles (rares et précieuses) qui continuent

J’ai de la chance
De disposer à ma guise de concerts et de films,
De paysages fleuves, faune et flore,
Qui s’affichent sur mon écran
(Hier une chanteuse brassait divinement l’air du lamento de la ninfa)

Ou bien c’est du djèzz 
Comme le prononçait Amstrong (Louis)
Chanté par Nougaro (Claude)

J’ai de la chance
De ne pas mourir complètement idiot
Que je l’écrive blanc sur noir
Ou bien noir sur blanc

Tengo suerte
La chance de ceux qui font de leur sort
Joyeux hasard d’une secrète nécessité