Obstiné entêté en vers et contre tous Un bel alexandrin qu’ici j’immobilise Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne (Mallarmé) Obstiné ? Pas du tout Envers et contre tout C’est faire et laisser dire Faire ces quelques lignes Complètement gratuites au milieu de la nuit Degré zéro de l’écriture comme dit l’autre (Barthes) Une manière de capitulation (diérèse) Comme quand on est malade cloué au lit Mallarmé (encor lui) fait de son écriture Cette ancienne et jalouse et très vague pratique Le vierge le vivace et le bel aujourd’hui On ne saurait mieux dire
36 CHOSES FAITES & QUI NE SONT PLUS À FAIRE (trente et un à trente-six)
trente et un
Assister à La Cerisaie de Tchekhov une nuit d’été à la Cour d’Honneur du palais des papes sous une bonne petite pluie persistante
trente-deux
Serrer la main d’Antonio Tabucchi qui venait de faire une causerie à la Cité du Livre d’Aix en Provence
trente-trois
Faire l’expérience du malheur en accompagnant jusqu’à son dernier soupir dans le lit commun où je prose ces 36 choses son épouse aimée (reconvertie en mater dolorosa) en présence de nos deux filles un dimanche maudit de « Fête des Mères »
trente-quatre
Recopier toute une vie de lecteur des milliers de citations dont celle qui dit Un homme qui écrit n’est jamais seul Paul Valéry
trente-cinq
Enseigner la langue française le temps de sa « Coopération » (remplaçant le service militaire) à Caracas dans une école enfantine à l’Alliance française à ce qui tenait lieu d’école normale d’instituteurs et à la faculté d’Architecture
trente-six
Boucler enfin cette liste de choses faites et qui ne sont plus à faire et que mon stylo a balayé sur dix pages d’écriture
Martigues dimanche 25 juin 2023 5 heures du soir pour le départ / lundi 26 juin 3h18 de la nuit pour le final

Reproduire ses encres blanches sur fond noir
écrites et dessinées le 15 février 2013
Sans savoir pourquoi
36 CHOSES FAITES ET QUI NE SONT PLUS À FAIRE (25 à 30)
vingt-cinq
Dormir avec sa Belle à la belle étoile sur le plateau de Castille la Vieille
vingt-six
Assister à une course landaise à Mugron (Landes) et à une camarguaise aux Saintes Marie de la Mer
vingt-sept
Visiter pour chacun d’eux toute une journée les musées de New York au cours de trois longs séjours : le Moma, le Met, le Whitney et le Guggenheim
vingt-huit
Voir trente-six fois Pierrot le fou le chef d’œuvre de Godard avant que Jean Luc ne devienne le plus con des Suisses prochinois
vingt-neuf
Lire La vie mode d’emploi mais jamais dans le même sens et jamais in-extenso
Trente
Faire du camping sauvage sur la côte dalmate non asphaltée jusqu’à Dubrovnik au temps de la Yougoslavie de Tito

Retrouver Sans y voir goutte sur une carte jaune écrite calligraphiée et « salopée » le 21/02/2015
LES ÉCORCES DES PLATANES

Je regarde souvent longuement les écorces des platanes On dirait des molas tissées par les indiennes Kuna Des animaux mythiques qui échappent le temps de leur création à leur souffrance Je m’appuie, voyageur immobile, sur le tronc de ces écorces qu’un dieu facétieux coud sur l’arbre chaque année Avec de frêles vocables Je compose à mon tour Mes puzzles inachevés

Pour ce matin uniquement (30 juin 2023) nous l’appellerons « la mola des platanes«
Les petits dieux kuna ont les cheveux qui se dressent de tant de désinvolture
36 CHOSES FAITES ET QUI NE SONT PLUS À FAIRE (19 à 24)
dix-neuf
Se marier un 4 août et aller en guise de repas de noces déguster une bouillabaisse au restaurant marseillais de l’Épuisette situé au Vallon des Auffes
vingt
Faire écouter les Pink Floyd à mes élèves du Collège Maréchal Fos d’Arreau (Hautes Pyrénées) alors qu’il neige alentour
vingt et un
Crapahuter dans les volcans d’Auvergne avec le couple de mes chers amis habitant Royat
vingt-deux
Skier à Saint Lary Soulan
vingt-trois
Jouer au théâtre Jofroi de Giono (le rôle-titre) et le vieux serviteur de l’Ours de Tchékhov
vingt-quatre
Mettre en musique et accompagner à la guitare la belle brune interprétant les intermèdes de Brecht dans Grand peur et misère du III° Reich

Retrouver ce dessin donné par mon ami peintre Claude Brugeilles
il évoque mon ancien résidence Ancizan (Hautes Pyrénées)
et ma nouvelle que j’ai intégrée en 1978 pour suivre ma dulcinée