UN POÈME DE TROP

Un poème de trop

Un poème comme ça

Comme un tombeau

D’un gueux à Groix

.

Un poème d’ailleurs

Ici porteur de rimes

Inactuelles Là-bas

Au pays des poètes rois

.

Un poème platonicien

Inutile d’en faire tout

un plat de lentilles

Ou de tissu de Giens

.

Un poème issu

Des râles et gazouillis

En des vers qui nous hantent

Quatre vingt ans après Auschwitz

.

Un poème revenu

D’entre les mots des morts

Dans le gouffre des nuits

Des poètes restés à l’écart

.

À l’école des secrets

Des poètes qui se tuent

À peindre le passage

À parler au papier

.

Un poème en fin

D’une vie qui n’a pas suffit

Pour apporter sa touche

D’impertinence et d’imprévu

à Madame la Poésie

CHANSON ORPHELINE


On ne sait pourquoi
On commence ainsi
Comme un soleil noir
Sur l’esprit saisi
Par l’aile fugitive
D’une chauve-souris

On ne sait pourquoi
Sur le vide acquis
Tourne une chanson
À l’air incertain
Qu’une voix susurre
Au cœur de la nuit

Chanson orpheline
Qui attend son heure
L’air d’un musicien
La voix qui en secret
Monte puis décline
Et à l’aube disparaît

Chanson orpheline 19 juillet 2025

paroles musique interprète JJ Dorio

AU BON DÉSORDRE



Je laisse aller la plume au bon désordre
Comme un livre feuilleté au hasard
Dont on prélève de vives lueurs
Ou d’obscures métaphores

Je laisse aller selon l’imprévisible
mouvement de la main, du pinceau,
cet exercice ouvrant le pas aux rêves
dont nous sommes faits (et parfois refaits)

Je laisse aller… et je retiens
Ici où l’attention à az-zahr est première
Dé à jouer entre les lignes
D’une poésie à l’état pur


une page du bon désordre faite à Paris le 21 avril 2024

À QUOI COMPARER CE MONDE

À quoi comparer ce monde ?                                                 
J’ai perdu les réponses
que je donnais naïf
et sans la moindre ironie.

À quoi comparer ce texte ?
À une barque légère
Qui vogue sur la rivière du ciel
Légère comme la rosée.

À qui comparer celui qui a écrit
-vaille que vaille- cette page ?
Un lecteur a dit : à un pêcheur d’étoiles.
Une lectrice l’a emportée
dans la paume de sa main.

MON MONDE EN MAI 68

Dorio acrylique toile 150×120 cm

DANS LA FORÊT DE MES RÊVES

Sommeil végétal

Dans la forêt de mes rêves

Mes arbres gambadent

.

Silence côté

Jardin et bruit côté cour

Au cloître des Carmes

.

Il remue encore

L’arbre de Billetdoux

Ses mots et ses charmes

.

Heureux tous les arbres

Qui vivent droits et très vieux

En vrai et en rêves

.

Les arbres d’été

Qui ont créé ces haïkus

Sur fond de nuit blanche

sommeil végétal Dorio 16/07/2025