Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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JJ D. à G.G.
Ce qui me plaît le plus c’est d’écrire tous azimuts, mais ce n’est pas un don, c’est une pratique qui requiert, selon l’intuition du jeune Rimbaud, un long, immense et raisonné, dérèglement de tous les sens (la plupart du temps les lecteurs en herbe, ou les vieux birbes, oublient « raisonné »).
Écrire tous azimuts ? Donner (par de multiples exercices, mêlant fragments de textes rares et d’écritures sans cesse renouvelées) ce que l’on ne possède pas.
G.G. à JJ D.
Valéry dit à peu près que deux dangers menacent le monde : l’ordre et le désordre. Claudel plus optimiste rassure tout le monde en tête du Soulier de satin en affirmant que le pire n’est pas toujours sûr, et que, si l’ordre est le plaisir de la raison, le désordre est le délice de l’imagination
Je vais mettre encore un peu ce prologue à contribution, à l’usage de qui voudra l’entendre : « C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c’est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c’est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle »
JJ.D. l’auteur de ce blog Poésie mode d’emploi ouvert le 8 janvier 2006
G.G. après une longue vie consacrée aux Figures de la littérature il devint un savoureux écrivain de dictionnaires Bardadrac
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. » Georges Perros Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du « disparu ». Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».
DISPARITIONIX
H.M.
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Le jour de sa disparition, le 19 octobre 1984, on pouvait lire sur le journal du soir
POÉSIE
Trois recueils de Marguerite Yourcenar Une triple rentrée pour Marguerite Yourcenar. Gallimard publie un de ses recueils de poèmes, les Charités d’Alcippe, dans une édition revue et augmentée.
LE » DÉSESPOIR ACTIF » de Christiane Rochefort
Une visite chez la romancière qui parle de ses détresses et de ses colères.
ODETTE LIT ET RELIE
Lorsqu’un livre me plaît, je trouve que la jaquette de la maison d’édition ne suffit plus. Est-ce parce que j’ai longtemps habillé des femmes ? Je vois exactement la » robe » qu’il faut aux livres… » Odette a déjà habillé le Grand Meaulnes, Rebecca, les Mots, trois Bodard. Du travail de professionnel, affirment les connaisseurs. Du travail d’amoureuse surtout.
LA NUIT REMUÉE
Le poète Henri Michaux est mort à l’hôpital de la Cité universitaire à Paris, dans la nuit du 18 au 19 octobre, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ne me laissez pas pour mort, parce que les journaux auront annoncé que je n’y suis plus…Je compte sur toi, lecteur, sur toi qui vas me lire, quelque jour, sur toi lectrice. Ne me laisse pas seul avec les morts comme un soldat sur le front.
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Il hait les écrivains : des ornementateurs vaniteux.
« Un jour, dit-il, on inventera un appareil. Il n’y aura qu’à se mettre dedans. Il dira ce qui se passe en vous. Il fera reconnaître les vrais originaux, ceux qui ont de l’imagination. »
Il serait bien écrivain, car il a de continuelles inventions mais il voudrait les voir, non écrites, mais réalisées, et que nos conditions d’existence changent du tout au tout, suivant elles.
Il se gargarise peu de ses inventions, au rebours de l’écrivain, il veut voir l’impossible miracle, c’est-à-dire leur passage dans la vie. (C’est donc plutôt à la magie qu’il aspire)
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Je lis un peu de Michaux avant de me lever matin de mon pucier Repos dans le malheur Je l’assieds sur ma page Et en fait mon bonheur
Emportez-moi celui-là je l’ai dit bien des fois Et même je l’ai mis en une chanson de vieille et douce caravelle
L’âge héroïque où Henri Michaux tout en jouant démantibule une à une les parties du corps des deux géants devenus frères ennemis Mais c’est gai comme Rabelais et presque pépère au contraire d’Homère (C’est Poumapi et Barabo au cas où vous auriez oublié le nom de nos deux héros)
Voilà mon exercice terminé
Il est temps que je me secoue les puces pour entamer ma nouvelle journée
Michaux c’est bon un peu pour la plume
Mais pas trop car alors on risque d’être attrapé par l’Opaque
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Je suis l’oiseau.
Tu es l’oiseau.
Je suis la flèche empennée des plumes de l’oiseau.
Je vole. Tu voles.
Je vogue. Tu vogues.
Nous voguons entre les mâchoires du ciel et de la Terre.
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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L.G.à JJ D.
On ne justifie pas la poésie et elle se passe de défenseurs ; j’essaie seulement de voir ce qui en moi instruit par la précision, va d’une façon si inaltérable vers le tâtonnement nocturne, à la recherche d’une autre, d’une plus rocheuse précision. Comprendre et ne pas comprendre, buter, briser, se perdre, comprendre encore. Je veux assumer toutes les contradictions, les excéder.
JJ D. à L.G.
Il est minuit l’heure de la bascule le jour d’après du calendrier va commencer mais un mauvais plaisant m’envoie ce conte glacé : il est zéro heure zéro minute zéro seconde inutile d’ajouter zéro espoir
J’ouvre mon iPad qui ignorant Jacques Sternberg affiche : c’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi
Blague à part je blogue donc
Le poème c’est celui qui est malade de se voir entouré de malades et qui joue au docteur en même temps
Qu’il soit midi le juste
Ou minuit présent
L.G. déjà convoqué dans le courriel 35 poète de Sol absolu mais aussi chirurgien
JJ D. poste sur ce blog poésie mode d’emploi un poème par jour depuis le 8 janvier 2006