LES FREDAINS DU GRAND-PÈRE ENFANT


Album cd vient de paraître
enregistré au studio Le Petit Mas (Martigues)


Compositeur interprète JJ Dorio

9 chansons de JJ Dorio
9 poèmes Victor Hugo

Réalisation musicale Philippe Bruguière

Photos Noémie Dorio
Livret d’accompagnement Jean-Claude Di Ruocco

envoi par courrier postal
en échange d’un chèque de 15 euros
adressé à
Jean Jacques Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues

LES FREDAINS DU GRAND-PÈRE ENFANT
 
1 ENIVREZ-VOUS Baudelaire
Il faut être toujours ivre.
Tout est là, c’est l’unique question.
Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du
Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre,
Il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrez-vous
enivrez-vous sans cesse.
 
2 ÇA A PASSÉ Dorio
3 DANSEZ LES PETITES FILLES Hugo/Dorio
4 SI MES VERS AVAIENT DES AILES Hugo/Dorio
5 À DES ÂMES ENVOLÉES Hugo/Dorio
6 MA CHÉRIE MA CHÉRIE Dorio
7 L’AMOUR DES ROSES DE LA VIE Dorio
8 C’EST LA JEUNESSE ET LE MATIN Hugo/Dorio
9 LA COCCINELLE Hugo/Dorio
10  SOLSTICE D’HIVER Dorio
11 UNE FLÛTE INVISIBLE Hugo/Dorio
12 MON AMOUR MON ÉTOILE Di Ruocco/Dorio
13 MA MÈRE Dorio
14 MON PÈRE NOËL Dorio
15 PUIS QU’ICI BAS TOUTE ÂME Hugo/Dorio
16 AMOUR AMOUR Hugo/Dorio
17 L’ARBRE EFFEUILLÉ Hugo/Dorio
18 IN AETERNAM Dorio
19 DANS MA BESACE Dorio
20 LA CHANSON DES GUINGUETTES Dorio







ENIVREZ-VOUS

DES POÈMES EN VEUX-TU EN VOILÀ

 

des poèmes
en veux-tu
en voilà
des poèmes
en voiture
Simone
des poèmes
en voix
de tête
de blues
et d’opéra
 
 
des poèmes
en voulez-vous
en voile
en joue
en vous
des poèmes
tirés du cri noir
d’un milan
des poèmes
de ballades
et d’envois
 
des poèmes
d’espaces
d’éboulis
des poèmes
qui disent
le contraire
de ce qui est dit
des poèmes
battements
d’elle
fragile beauté
des poèmes
panne
d’électricité
 
des poèmes
d’espèces
d’espaces
des poèmes
je me souviens
des poèmes
amnésies
anamnèses
des poèmes
disparition
et vie
mode d’emploi
des poèmes
sous influence
de Perec
 
 
des poèmes
qui virent
de bord
des poèmes
qui traversent
le ru
des poèmes
rutabaga
et radis noir
des poèmes
écrits
sur le pont
de Brooklyn
le premier mai
2018
 
des poèmes
du milieu
de l’empire
des poèmes
qui en pincent
pour Li Po
et Wang Wei
des poèmes
du passage Montaigne
des poèmes
plus légers
que la folle avoine
 
 
des poèmes
qui sortent d’un encrier
des poèmes
de pierres de rivières
des poèmes
de forêts de bambou
des poèmes
d’un rameur
couché dans sa barque
toute une nuit
 
des poèmes
que personne
ne connaît
des poèmes
d’un poète
qui a perdu
la voie
des poèmes
d’un crayon
de papier
écrits d’un coup
la nuit tombée
 
des poèmes
tu te souviens
ma joie
des poèmes
tristes à mourir
des poèmes
de cimes et d’abîmes
d’accents circonflexes
des poèmes
circonspects
complexes
 
des poèmes
de toutes les manières
des poèmes de peu
qui brûlent à petit feu
des poèmes
de petites bouches
n’en déplaise
à Victor Hugo
des poèmes
de houx vert
et de bruyères
en fleur*
 
*Victor Hugo
 
 
des poèmes
clos et ouverts
des poèmes
plus noirs
que blanc
des poèmes
courants d’air
des poèmes
coups de vent
des poèmes
roulant des pensers
qu’on ignore*
 
*Théodore de Banville
 
 
des poèmes inspirés
mais que la main
retient
des poèmes
sept fois sur la langue
tournés
des poèmes arrêtés
art était
cette rime équivoquée
des poèmes
de marbre
du journal quotidien
 
 
des poèmes archipels
dans les marges de l’Odyssée
des poèmes cyclades
des poèmes recyclés
d’une autre poétique
sans dieux qui vivent
des poèmes d’esquives
 
 
des poèmes
rien d’autre
des poèmes
grains d’orge
pour le petit Georges
des poèmes
de grand-père
lorsque l’enfant paraît
paré de mille attraits
des vers du père Hugo
 
 
des poèmes
enfin
en attente
en vain
des poèmes
non-nés
de la dernière
pluie
des poèmes
de passage
sur ton cœur
qui s’ennuie
des poèmes saltimbanques
géomètres incertains
des poèmes étincelles
errant dans leur zone d’ombre
et de soleil
cou coupé*
 
*Apollinaire
 
 
 

CHAQUE JOUR JE RENAIS

 
Chaque jour je renais
Savoirs saveurs sagesse
Croyances bonnes ou sottes
Sautes de vents mauvais
Ou bien Midi le juste
Pour les hôtes du boulevard des Allongés
 
Consolation ces vers
Me tiennent compagnie
Plutôt que soupirer
Geindre Prendre à témoin
Ami(e)s Tous ceux et celles
Qui ont connu l’issue
 
Griffes ronces égratignures
Un peu de sang sur l’or du temps
- C’est bien trop de littérature
me dit l’araignée de la nuit
Le marchand de sable est malade
Babel va bientôt s’effondrer
 
 
 
 

MOTS PERDUS SANS COLLIERS





Entrez et installez-vous

Sur ma balançoire

Le branle pérenne des mots

Et des choses

Perdues sans colliers





La chaise de Van Gogh

Le billard du café

Les concours de belote

Où l’on revenait

À l’aube

Le pull puant le tabac





Et notre promenade erratique

Une nuit que nous cherchions la lune

Aperçue par Vincent

Cent ans auparavant dans les Alpilles

L’INSTANT QUI DONNE PRISE

Après des jeux qui s’enchaînent et nous font échanger des paroles ailées Moi le grand-père enfant Lui le petit-fils qui fait ses gammes à l’école maternelle Le voilà muet plaçant les pièces d’un jeu de bois comme font les joueurs de go J’en profite pour lire un texte dont personne – à ma connaissance – ne parle plus Un instant précieux qui donne prise et désarme le sinistre ruissellement du temps*

* Michel Leiris (Le ruban au cou d’Olympia)