Que vous dirai-je ô mes amis
Qui nous rassure et nous conforte ?
Le monde va-t-il mieux ou moins bien ?
Le redoux en hiver fait plaisir mais inquiète.
Les promesses de paix n’empêchent pas
Les armes de parler.
Cependant Bien et Beau, statues restées debout
Par juste effort de l’âme,
Continuent de publier nos idéaux –
Imputrescibles survivants sous la menace,
Tel que l’Enfant à Noël qui renaît,
Lumière neuve exigeant notre souffle
Sur toute braise où Liberté rougeoie
Là où Fraternité sans cesse fait appel
Au feu vivant du bois d’Amour inextinguible.
André Ughetto,
18/19 Décembre 2025
SOUS LA MENACE
Poèmes nécessitent
Rumination et méditation
C’est pour cela
Que dans une époque
Qui nous mitraille
De tweets et d’agressions verbales
Ils sont une espèce
En voie d’extinction
Enfants des mille désordres
Nous étions secourus
Par la pratique de la récitation
Et du fou rire
Quand la hache du non-sens
Nous faisait dérailler
Disant un mot pour un autre
Enfants aux cheveux blancs
Nous sommes l’immense minorité
Qui persistons
Cousant le monde de mille pièces
À contre temps À contre courant
Dans les remous Qui nous portent
Et nous maintiennent À flot
Tant que vivons
JJ Dorio 20/12/2025
SOLIDAIRE DE TOUS LES VEILLEURS SOLITAIRES

la main écrit puis trace ses hypnographies
L’ART D’ÊTRE HEUREUX PAR LES RÊVES
Chaque nuit c’est la grande lessive de nos journées
Tandis que nos rêves s’écoulent
Métamorphosant nos pensées
.
Voilà le singe grammairien
Qui génère rires et larmes
.
Voilà le sage méditant
sur l’impermanence des choses.
La passe fatale d’Ignacio Sanchez Mejias
Le passage d’un oiseau de feu
.
Voilà le geste de la musicienne du silence
Dont les mains libèrent les mélodies
Qui permettent d’écouter l’herbe pousser
.
Voilà l’interprète des éléments
qui nourrissent nos imaginaires
L’air la terre l’eau et le feu
.
Et voilà cet écrit fait d’une main
qui l’écrivit sur papier blanc
Longtemps longtemps
Avant de le faire apparaître
Bon gré mal gré sur cet écran
RENGAINE DE LA POÉSIE PERDUE
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
Le passeur des Saintes Maries
Assure qu’il l’a vue dans le delta du Rhône
Mais il semble établi que ce n’était qu’un drone
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
La factrice de ma rue prétend que
Ses lettres s’adressent encore au vieux poète
Qui résidait à l’Isla Negra
Mais cette adresse n’a plus de réalité
L’aube marine a effacé l’encre des enveloppes
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
Où la chercher alors?
Où la chercher encor?
Si ne n’est dans le fleuve
L’île La forêt des symboles
Et les lettres d’amour?
Elle est dans le désespoir
Et elle est dans l’espoir
Elle est dans tous ses livres muets
Qu’il faut apprendre à faire parler
Elle est dans le nid de tes yeux
D’où sortent ces paroles trouvées
Sur le vieux sentier troubadour
Elle est dans l’écriture quotidienne
Qui se mêle au soleil de demain
En allé en la mer avec l'éternité
IMAGES DU BONHEUR
Parfois, les images du bonheur
Persistent sous les paupières
Longtemps
Une fragrance, une caresse,
Sur la joue, et ressurgissent
Les rires et les paroles
Données
En ce temps- là, la vie était douce ,
Et nos rêves plus forts
Qu'aujourd'hui
Danielle Nabonne

GARONNE
Sous les charmilles
Le temps vacille
Je remonte
Sur mon crayon d’enfance
Je reprends
Le chemin buissonnier
J’ entends le pas
De mon grand-père
Qui descend à Garonne
Nous longeons la rive
Silencieux
La rivière dessine
Avec les galets
Des tableaux mouvants
Une libellule se pose
Un instant
Une paix bleue
Comme un ciel
Occitan
Puis, le chant reprend
Tout bourdonne, tout bruit,
J’entends l’ arbre qu’ on abat ,
Et le souffle des guerres
À venir
Danielle Nabonne