Tu as mal à l’âme
Lame des maux
En douze mots
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Tu as mal à l’âme
Lame des maux
En douze mots
DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche
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SALUTAIRES
Les mots Dont on porte Le contraire Oxymore Des crocs Des chiens En colère Des mécènes Et des boucs émissaires Apollinaire Notre Homère Cueillant Ce brin de bruyère Creusant ce texte Des yeux Jusqu’aux oreilles
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SALUTAIRES
SALUTAIRES
Les mots
Dont on porte
Le contraire
Oxymore
Des crocs
Des chiens
En colère
Des mécènes
Et des boucs émissaires
Apollinaire
Notre Homère
Cueillant
Ce brin de bruyère
Creusant ce texte
Des yeux
Jusqu’aux oreilles
DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche
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SALUT
Adieu me paraît décourageant. En outre, pour ceux qui n’y croient pas au ciel, la formule serait soit hypocrite, soit fictive.
Au revoir n’est pas pertinent à la radio et au réentendre ne se dit pas. Dommage. Reste salut et saluez.
Donc salut, c’est le mot de la fin
Son registre du salut est meilleur que celui du départ qui parle de séparation ou de celui du regret. Regret de ne pas retrouver à la prochaine rentrée, ces auditrices et ces auditeurs que j’ai appris à un peu connaître et à beaucoup respecter. Des centaines m’écrivent et me « courriellent ». Je les remercie et les salue donc avec reconnaissance. Ils ne peuvent imaginer à quel point leur amitié est tonique.
À ceux qui apprécient mes histoires de mots, je redis :
Ce sont les mots qui ont du talent et non ceux qui en parlent.
Or, il faut parler de ce qui est dit au nom de la lucidité et de la vérité. Aucun mot le matin ne m’a jamais déçu. Tous ont quelque chose à dire et c’est autre chose que ce que profère les langues de bois. Pas une fois en treize ans de chroniques. Un mot choisi m’a laissé tomber. Tous révélaient de petites ou de grandes vérités, à commencer par les mauvais traitements qu’on leur fait subir. Je salue donc à la fois les auditeurs de France Inter et les mots de la langue française. Les premiers sauront se passer de mes propos. Les seconds se sentiront un peu plus délaissés. Ils en ont l’habitude.
Une chaîne de radio est un lieu de sons et de signes, musique et paroles. De musique, on continuera d’en parler. Des voix, on en ouïra d’inouï. Mais des paroles, des mots, des words, des wörter, des palabras, des paroles, paroles. En sera t il encore question?
Et du français, toujours aimé, mais souvent bousculé, oublié, ignoré. Deux institutions en sont garantes. L’École, les médias. Or, elles sont, ou bien malades ou bien coupables. Seuls les francophones peuvent les sauver, et la sauver cette langue. Et les francophones, c’est vous, c’est nous tous.
Le salut, c’est ce qui sauve. C’est au moins le souhait de sauvegarde et de santé. Aujourd’hui, ça veut dire aussi bien « bonjour », que votre jour soit bon, que « au revoir » ou « au réentendre ». Et à bientôt. A+ dit-on aujourd’hui.
Salut et Fraternité n’est pas seulement une formule révolutionnaire. J’ajouterais auditeur cher, salut et liberté et salut et merci à mes amis et amies de France Inter qui sont venus si nombreux dans ce studio. Salut, je ne vais pas énumérer des noms propres, vous l’avez fait tout à l’heure. Salut à tous et bonne chance à France Inter.
Alain Rey
Sur le papier en silence
Sur minuit passé de deux
Sur un air dans sa tête
Sur cette plume qui s’entête
Sur le chemin des indiens morts
Sur nos belles endormies
Et sur cette éphémère capture
J’écris en silence, seul mon lit grince parfois lorsque je me penche pour prendre le verre d’eau sur ma table de chevet basse ou bien que je choisis pour consultation un livre qui semble flotter sur le sol de ma chambre : Dans le mitan du lit, la rivière est profonde. (Aux marches du Palais)
J’écris en bonne compagnie avec des disparus qui manifestent encor une vie qui pétille : Tous sont morts Le maître d’hôtel leur verse un champagne irréel Qui mousse comme un escargot (Apollinaire)
J’écris en pastichant, copiste de textes invraisemblables qu’une voix inconnue lui dicte à l’improviste, au dé botté. Aujourd’hui il faut que j’arrête, je suis trop excité et les lettres me brûlent et dansent devant mes yeux fermés. (Robert Walser)