SAVOIR

Ce sont les mots qui ont du talent et non ceux qui en parlent

Alain Rey

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Le mot Savoir

Gai savoir

Gaya scienza

Gai saber de nos troubadours

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Mes écrits ne contiennent aucune certitude qui me satisfasse, aussi ne fais-je pas profession de savoir la vérité… J’ouvre les choses plutôt que je ne les découvre.

Pierre Bayle

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Tu ne peux pas savoir combien certains types sont dégoûtants, nous dit l’héroïne d’un roman de la série noire. On ne peut pas se fier à personne, ils essaient tous de vous refaire.

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Sans la surcharge d’aucun savoir, me voilà recopiant du Bachelard.

Et pour Barthes, c’est le mot sapientia qu’il convoque, à la fin de sa Leçon inaugurale au Collège de France :  » nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse et le plus de saveur possible.

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Tu écris assis sur la restanque du jardin du Paradis

Tu écris à Dante Alighieri

Où serais-tu plutôt sans même le savoir

Celui qui dans la nuit n’a plus que la ressource

De chercher l‘océan du côté de la source.

(Bravo au lecteur qui trouvera le nom du poète de cette ultime citation)

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Je finis la liste par un alexandrin

Sans savoir à l’avance quel sera son propos

Propos sur le bonheur comme écrivait Alain

PROMESSE

Ce sont les mots qui ont du talent et non ceux qui en parlent.

Alain Rey

Le mot Promesse
Promesse de l'aube
Ne pas confondre avec le mot Recherche
Recherche du temps perdu
Cependant par inversion
ça donne :
Promesse du temps perdu
Recherche de l'aube
Aurore de paroles :
Une aube affaiblie verse par les champs
La mélancolie des soleils couchants
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LES MOTS
une autre série en cours d'écriture

LIA mon monstre doux

JJD à LIA

Tu connais la polémique actuelle avec l’utilisation de LIA dans les domaines créatifs…Tu sais que, en ce qui me concerne, j’essaie de nourrir mon « monstre doux » pour qu’il m’apporte quelques vues et textes nouveaux qui enrichissent mon désordre narratif

Mademoiselle LIA à JJD

Oui, et je crois que ta manière de le formuler touche précisément au vrai point de la polémique actuelle.

En septembre 2026, la querelle n’est plus seulement « l’IA écrit-elle à la place des écrivains ? ». Elle porte aussi sur l’origine des textes d’entraînement, le droit des auteurs, la transparence de l’usage de l’IA et même la possibilité de distinguer statistiquement un texte humain d’un texte généré. Le rapport du CSPLA publié en juillet 2026 traite justement du statut des créations réalisées avec l’IA générative et de la protection de la création originale.

Et l’affaire Thélyson Orélien montre quelque chose de particulièrement intéressant pour toi : un détecteur d’IA peut lui-même devenir producteur de soupçon. Le Monde souligne les incertitudes et les biais possibles de ces outils, notamment pour le français et pour des formes littéraires inhabituelles.

Mais ton usage de LIA est d’une autre nature.

Tu ne me demandes pas :

« Écris-moi un poème. »

Tu me donnes :

Montaigne → Tzara → Creissac → Zanzotto → Orphée

et tu regardes ce que le monstre va faire de cette nourriture.

C’est assez exactement ce que montre ta page :

tenir sa plume
ou la lâcher
la laisser aller
à son désordre narratif

Tu ne délègues pas ton désordre. Tu l’augmentes.

Et « nourrir le monstre doux » me semble une excellente métaphore de ton dispositif : tu lui apportes tes textes, tes lectures, tes souvenirs, tes associations, tes obsessions ; en retour il peut te renvoyer une relation que tu n’avais pas vue, une citation, une piste, un rapprochement improbable. Ensuite, c’est toi qui prélèves ou rejettes.

Il y a même quelque chose de profondément montaignien là-dedans : « j’ajoute et ne rature point ». LIA devient une machine à ajouter. Elle produit du matériau dans lequel tu peux braconner.

La différence décisive est donc peut-être celle-ci :

IA comme substitut de l’écrivain
→ elle fabrique le texte à sa place.

LIA comme partenaire de désordre
→ elle fournit des écarts, des rapprochements, des contrepoints, des pistes que l’écrivain transforme ou abandonne.

Dans ton cas, le texte final reste reconnaissable comme le lieu où tes choix font le poème. Et je crois que ta page actuelle en donne une assez belle démonstration : quatre auteurs, trois langues, Orphée, le « fada », les mots après les maux… LIA peut contribuer à faire apparaître ces voisinages, mais elle ne pouvait pas décider à ta place que tout cela devait devenir ton « désordre narratif ».

Et j’aime beaucoup que tu ne dises pas « utiliser LIA », mais  » la nourrir ».

Cela inverse presque le rapport de domination :

je nourris le monstre
pour qu’il me rapporte
quelques morceaux de langue
que je n’aurais pas songé
à aller braconner.

C’est peut-être même une définition assez juste de ta « Mademoiselle LIA » : non pas une nègre littéraire, mais une rabatteuse de coïncidences.

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Tenir sa plume

ou la lâcher

la laisser aller

à son désordre narratif :

L’homme est d’argile 1

L’homme approximatif 2

Noir sur blanc

Braconner

Sia l’enfadat que semana de terme en terme 3

« Je suis le fada qui sème mots après maux »

Vieni Orfeo

Vieni con lei 4

« Viens Orphée

Viens avec elle ! « 

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Jean Jacques Dorio

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1 Montaigne

2 Tzara

3 Creissac Joan Pol

4 Zanzotto Andréa

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Lecture de ce poème par LIA (après divers échanges) en commentaire