AU RYTHME DU CINÉMA MUET





Rythme poétique et saccadé
(comme au cinéma muet)

Tentative de déchiffrer l’informulé
(selon Charles Baudelaire)

Images fantasques passées comme le couteau
(sans manche auquel il manque la lame) 1
à la meule à eau symbolique

Images forgées par mes chers amis Montaigne et Brassens
Pour essayer d’oublier leurs coliques néphrétiques

(pour Georges soudain la lune écoute aux portes 2
et c’est vivre à propos qui importe à Michel)

Le reste de mon propos manque…
(ou c’est, qu’à la lettre, il s’est volatilisé)

1 Lichtemberg  2  un roman de Brassens autoédité à 50 exemplaires en 1947

DITES-MOI OÙ N’EN QUEL PAYS









Dites-moi où n’en quel pays

chantait Gastibelza

l’homme à la carabine

Léandre le Sot,

Pierrot,

ou la nonne 

doña Padilla del Flor





Dites-moi si vous connaissez

Berthe au grand pied,

Biétris, Allys,

La vieille maugrabine d’Antequerra

et la frêle enfant,

méchante





Dites-moi si mon chant vous remémore

les neiges d’antan

Danser chanter dans la Tour Magne

Prendre le voile à Tolède

Franchir avec Cassandre le buisson

D’un saut de puce





Dites-moi pourquoi ces poésies et ballades

de Villon, Verlaine, Hugo,

chantées par l’illustre Brassens

me rendent fou, fou, fou.

UN CRÉTIN SECTAIRE





Par malheur sur terre 
Les trois quart des tocards
Sont des gens très méchants
Des crétins sectaires
Ils s‘agitent Ils s’existent
Ils s'emploient Ils déploient
Leur zèle à la ronde
Ils emmerdent tout l’monde

Brassens (Chanson posthume)


Il n’est pas difficile dans la connerie ambiante
De couronner ce con de roi
Qui sur les chaînes de télé plastronne

Pétainiste crasseux il se prend pour de Gaulle
Misogyne assumé c’est pour mieux protéger ses maîtresses et ses femmes
Et Croisé moyenâgeux il veut expulser tous les hérétiques
Du Royaume de France

(la liste n’est pas close)


02/12/2021

CE QUE JE ME DIS





Ce que je me dis…
je l’écris

Ou plutôt ce n’est qu’en écrivant
Que je me dis certaines choses

Seul j’évite de me parler
Et de me regarder dans une glace
(sauf nécessité)

Ce que je me dis souvent
C’est dans une chanson que j’écoute et anticipe
la connaissant par cœur
(Oncle Archibald de Brassens
dernière en date)

Ce que je me dis alors
(mais c’est mentalement)
-Tiens tu devrais reprendre ta guitare et la chanter
pour de vrai

Manière, coquin de sort, 
de faire de Sa Majesté la Mort
la rencon-ontre (bis)


biographème : j’appartiens à la confrérie qui apprit la guitare
en usant ses phalanges
sur les chouettes accords du père Jojo

oncle Archibald 6 couplets/11 dorio 25/11/2021

LA MORT & LES AMOURS TOUJOURS RECOMMENCÉES


La mer, la mer, toujours recommencée.

Paul Valéry (Le cimetière marin)


L’amour, la mort toujours entremêlées,
J’ai lu cent fois le cimetière marin
Je n’aurais jamais imaginé que tu y reposerais un jour
Bien avant moi de sept ans ton aîné

Sous un pin, toi aussi, à deux pas de la mer,
Mais tes focs sont ici des géants
Portant gaz, pétrole ou conteneurs.

Golfe de Fos et non de Sète
Où Valéry situa son poème
En surplomb de ce toit tranquille
Et du « cimetière des pauvres » où bulle
Brassens l’humble troubadour de la Supplique

Mais brisons-là avec ces morts célèbres
Toi ma fraîcheur mon âme universelle
Sur mes lèvres et mon livre*
Toi qui cèles nos amours post mortem
Dans le secret des mers
Éclaboussées par l’écume de mes humbles vers

Poèmes à ma morte
L’Harmattan 2017