UN FAGOT DE PIÈCES DIVERSES

Je m’imagine sur le ring du Madison Square Garden encouragé par Nougaro qui me crie : Boxe boxe boxe 
Je m’imagine sur la scène de l’Olympia m’accompagnant à la guitare sèche en chantant Santiano ce fameux trois mâts fin comme un oiseau
Je m’imagine papillon butinant les fleurs magiques des Songes d’une nuit d’été
Je m’imagine Balthazar au hasard du film de Bresson
Je m’imagine dormeur du val ma tête baignant dans le frais cresson bleu
Je m’imagine suspendu sur le trapèze de la vie mode d’emploi ne voulant plus en descendre
Je m’imagine Gary Cooper chantant à Grâce Kelly Si toi aussi tu m’abandonnes
Je m’imagine dans la tour de Montaigne fagotant toutes ces pièces diverses

UN FAGOT DE PROVISIONS INCONNUES

Une minute, une seule, va passer – passe, passe, passerelle – entre le premier et le dernier mot de ce court texte manuscrit.

C’est ce que je me dis, en première intention, laissant courir la plume, par monts et par vaux.

Avant de m’arrêter.

Car, je n’ai pas de montre, pour vérifier, et mon régime d’écriture s’apparente à une flânerie sans fin.

Par petites touches sur le papier, puis sur le clavier, qui font flamber ce fagot de provisions inconnues.*

* Montaigne (De la phisionomie)