Tisserand d’un instant à qui je donne forme non sans avoir maintes fois échoué
Un instant où je passe du vide à une image poétique qui fait tilt qui parle au lecteur enchanté
Et aussitôt disparaît

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Tisserand d’un instant à qui je donne forme non sans avoir maintes fois échoué
Un instant où je passe du vide à une image poétique qui fait tilt qui parle au lecteur enchanté
Et aussitôt disparaît


-Qui est Godot ? -Godot ? -Vous m’avez pris pour Godot. -Pas un seul instant Monsieur. Samuel Beckett -Comment écrivez-vous ? Debout ? Couché ? En parlant au papier ? Au galop de votre plume ? -J’attends avant d’écrire. -Et quoi ? -J’attends une image. -Un arbre qui cache la forêt ? -Un arbre qui produit Ce grain à moudre Une suite sans mots Pour écarter les maux Qui hantent les péquenauds En attendant Godot.
– Qui est là ?
– En effet, je me le demande.
– Est-ce un inconnu ?
– Ça m’en a tout l’air.
– Est-ce une image de toi-même ?
– Ta question me laisse interdit.
– Est-ce un acteur de comédie ?
– Une personne qui apparaît
sur les feuilles d’un livret
dans la coulisse.
– A-t-elle un nom ?
– Elle en a mille.
– Un dernier mot ?
– Je l’ai oublié.
DIALOGUES INTÉRIEURS XIII
Je bébégaie
-Ô gué Ô gué-
En cette forge
Où entre la lune
Forgée par Lorca
L’enfant –el niño– la regardait
la regardait
Je bébégaie
J’étais l’enfant j’étais le niño
Qui tapait sur l’enclume
Des rêves libérés
Comme des étincelles
(l’image paraît trop facile)
Comme celle d’un geai
« qui met ma rime à larme »,
m’alarme Charles d’Orléans
en un rondelet
Voilà maintenant la pièce tournée
Qui au-dessus des flammes
S’égaie
C’est un papegai