AU TRAVERS DE MA NUIT

Je ne vois plus le jour
qu'au travers de ma nuit

Je ne vois plus la nuit
Que comme un jour sans fin
Toujours en mouvement
De rêves en rêveries
Les images me fuient
Les images me font
Un corps de magicien
Un corps écartelé
Qu'un poème parvient
À rassembler parfois
Et d'autrefois je laisse
Aller le pur hasard

l'amorce en italique est de Jules Supervielle




ÉCRIRE DANS SA TÊTE

J’ai perdu mon stylo et j’écris dans ma tête parfois droit parfois en italique 
Je note des images venues de je ne sais où
Un zèbre 🦓 passe sur des feuilles 🍁 mortes
Sa course erratique les fait craquer
Je vois des lettres qui se dressent comme la muraille de Chine
J’entends ma prof d’Histoire de l’Ecole Normale d’Instituteurs de la bonne ville d’Auch nous parler du Devisement du Monde 🌍 Le livre des merveilles de Marco Polo
On dirait un conte à dormir debout
Un exercice exorcisme des nuits où sans stylo tout se bouscule dans nos têtes

ÉCRIRE LA NUIT

ÉCRIRE LA NUIT

Au fil du temps et de la plume, écrire la nuit, « ni peu ni prou », me fait songer à cette affirmation de Proust :

le sommeil est comme un second appartement que nous aurions et où, délaissant le nôtre, nous serions allés dormir. 

Je n’ai pas pour ma part de second appartement, mais plutôt une seconde vie quand la nuit, entre deux sommes,

j’écris.

TROIS HEURES TREIZE

Trois heures treize
Ma sœur Thérèse
La nuit est belle
Sous la chandelle
Les vers s’égrènent
Issues et graines
Voix solitaire
On ne peut taire
Cet air très vieux
Que rajeunit
Ce nouveau dieu
Qui toujours nie

Trois heures vingt
Frère Sylvain
La nuit rebelle
Blonde aux yeux noirs
Flamme éternelle
Vêtue de noir
Les vers chancellent
De purs sanglots
Le chant de celle
Partie trop tôt
L’horloge sonne
Il n’y a personne