SAINT-BLAISE N’A PAS DE LIMITES

SAINT-BLAISE N’A PAS DE LIMITES

Maints navigateurs en ont fait l’expérience qui y sont passés, ont disparu, mais nous ont laissé ces traces ténues que nous relevons et prolongeons sur l’épine dorsale d’un temps qui ne veut pas mourir.

Saint-Blaise n’a pas de dieux.

Si ce n’est ces dieux sans statues et sans rites qui logent désormais dans l’âme des mots quotidiens des visiteurs d’un jour.

De Saint-Blaise pourtant sans dieux et sans limites, nous célébrons encore ce presque-rien, le rêve d’une cité-fantasme qui a la forme de l’éternité.

Sur l’Oppidum sans nom Encres Vives  collection Lieu 225° 

SAINT-BLAISE HAT KEINE GRENZEN.

Viele Seefahrer haben dies erfahren, als sie hier vorbeikamen und wieder verschwanden, doch sie haben uns diese zarten Spuren hinterlassen, die wir nun aufdecken und weiterleben lassen, auf dem Rücken einer Zeit, die nicht sterben will.

Saint-Blaise hat keine Götter.

Außer diese Götter – ohne Statuen und ohne Riten – , die nun in der Seele der täglichen Worte der Tagesbesucher wohnen.

In Saint-Blaise, das doch keine Götter und keine Grenzen hat, feiern wir noch immer dieses Beinahe-Nichts, den Traum einer Phantasiestadt, die die Form der Ewigkeit hat.

Traduction de Carmen et de Martin Lauer

 PRÉSENCE DE SAINT-BLAISE

 Saint-Blaise est une chapelle située sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, à mi-chemin entre Istres et Martigues. Elle se tient à l’extrémité nord d’un plateau rocheux qui, entre les étangs de Citis et de Lavalduc, domine la plaine de La Crau et surveille la région, du golfe de Fos à la chaîne des Alpilles et au Rhône. D’origine récente, ce nom de Saint-Blaise désigne aujourd’hui le site et la longue existence de trois habitats disparus :  un vaste oppidum gaulois paré d’un remarquable rempart grec (VIe-IIe s. av. J.-C), dont on ignore encore le nom antique ; la ville paléochrétienne d’Ugium (Ve-IXe s. ap. J.-C) ; enfin le castrum médiéval de Castelveyre (XIIIe-XIVe s. ap. J.-C). Autant d’agglomérations, tour à tour florissantes, détruites et oubliées, dont les vestiges, révélés par les fouilles, racontent l’histoire de la Provence et de la Méditerranée.

Quarante ans après Philippe Jaccottet et son « Paysages avec figures absentes », Jean-Jacques Dorio explore à nouveau l’oppidum sans nom. Mettant ses sens en éveil, il livre ici un beau texte qui, par fragments, accueille et essaie d’ordonner tous les signes qu’un tel lieu nous lance ou nous instille, longtemps parfois après l’avoir quitté

Jean CHAUSSERIE-LAPRÉE   Archéologue de Saint-Blaise

une pierre travaillée détail du rempart dit de « grand apparat » -150 environ

EN MAI VA-T-ON ENFIN DANSER ?

Agenda 19 au 25/04/2021

Lundi 19/04/2021

Rêve du matin-fin de nuit. Je suis au Pérou. Je vois une montagne dressée comme un cône. Et je raconte à je ne sais qui, un événement qui s’est réellement passé en juin1970 : deux jeunes hommes dans un champ se battaient à mains nues, froidement, pour régler je ne sais quelle querelle d’honneur, entourés d’une haie de « témoins ». C’était près de la maison où vivait la petite maman mi-indienne de mon ami Felix qui m’hébergeait au sud de Lima, sur la côte du Pacifique.

Mardi 20/04/2021

Avec ce seul objet d’identité sonore : sonnet en X de Mallarmé. Défense à Dieu d’entrer : un vers d’Hugo précédant L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Mon beau navire ô ma mémoire, chanson du Malaimé de Guillaume Apollinaire. Je recopie ces vers qui me parlent et me transportent de la belle aube au triste soir.

Mercredi 21/04/2021

Anecdota : j’ai passé une bonne partie de la journée à écouter les entretiens « à voix nue » sur France Culture d’Antoine Bourseiller (1930-2013). C’était vers la fin de la vie de cet extraordinaire metteur en scène qui croisa et se nourrit de tant de créateurs. Son spectacle Onirocri, à la Cour d’Honneur d’Avignon, est celui qui de ma vie m’a le plus marqué. Il était entouré de Chantal Darget, la comédienne, femme de sa vie, du contrebassiste Barre Philips, de Carolyn Carlson, danseuse inspirée et de bien d’autres. Antoine B. eut de vrais amis, des « lumineux » comme Camus et des ténébreux comme Godard, le plus con des Suisses prochinois. (sur les murs de Mai 68). En l’écoutant j’ai écrit 5 ou 6 pages de notes et d’anecdotes.

Jeudi 22/04/2021

Le matin en lisant-écrivant jusqu’à midi, je me saoule de musique baroque, un site de France Musique. À l’instant, Sonate n° 24  en ré majeur de Guiseppe Tartini. C’est écrit sur un petit bandeau, car sur ce site pas de baratin, seule une voix lointaine et proche dit de temps en temps dans un souffle : la Baroque.

Vendredi 23/04/2021

En montant hier au site de Saint Blaise, l’Oppidum sans nom*, j’ai la chance de rencontrer Jean C.L., son infatigable archéologue. Il vient de mettre à jour de belles dalles calcaires donnant sur le mur grec « en grand apparat ». Nous bavardons, lui qui vient de découvrir que la fête unissant la fille gauloise et le jeune grec, cette fameuse fondation mythique de Phocée-Marseille, se déroula…à Saint-Blaise.

*Sur l’oppidum sans nom Dorio JJ  Encres Vives collection Lieux (2010)

Samedi 24/04/2021

– Et dis-moi, Bibi qu’est-il devenu ?

– Lolo ?

– Xactement.

– Eh bien, après un séjour parisien, il est retourné à Saint-Malo.

– Et il fait quoi ?

– Mais toujours la marionnette. Mais cette fois les rôles se sont inversés :

C’est sa femme qui l’a tué à coup d’ombrelle !

Dimanche 25/04/2021

Voici la fin d’avril Encor un mois Covid Des morts des vies ôtées Adieux avec ou sans Dieu Voici la fin d’avril

En mai va-t-on enfin danser bon pied bon œil Comme Flamande de Brel chantant cent ans la vie fragile à qui on dit Merci

En mai va-t-on enfin danser ?