EN MAI VA-T-ON ENFIN DANSER ?

Agenda 19 au 25/04/2021

Lundi 19/04/2021

Rêve du matin-fin de nuit. Je suis au Pérou. Je vois une montagne dressée comme un cône. Et je raconte à je ne sais qui, un événement qui s’est réellement passé en juin1970 : deux jeunes hommes dans un champ se battaient à mains nues, froidement, pour régler je ne sais quelle querelle d’honneur, entourés d’une haie de « témoins ». C’était près de la maison où vivait la petite maman mi-indienne de mon ami Felix qui m’hébergeait au sud de Lima, sur la côte du Pacifique.

Mardi 20/04/2021

Avec ce seul objet d’identité sonore : sonnet en X de Mallarmé. Défense à Dieu d’entrer : un vers d’Hugo précédant L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Mon beau navire ô ma mémoire, chanson du Malaimé de Guillaume Apollinaire. Je recopie ces vers qui me parlent et me transportent de la belle aube au triste soir.

Mercredi 21/04/2021

Anecdota : j’ai passé une bonne partie de la journée à écouter les entretiens « à voix nue » sur France Culture d’Antoine Bourseiller (1930-2013). C’était vers la fin de la vie de cet extraordinaire metteur en scène qui croisa et se nourrit de tant de créateurs. Son spectacle Onirocri, à la Cour d’Honneur d’Avignon, est celui qui de ma vie m’a le plus marqué. Il était entouré de Chantal Darget, la comédienne, femme de sa vie, du contrebassiste Barre Philips, de Carolyn Carlson, danseuse inspirée et de bien d’autres. Antoine B. eut de vrais amis, des « lumineux » comme Camus et des ténébreux comme Godard, le plus con des Suisses prochinois. (sur les murs de Mai 68). En l’écoutant j’ai écrit 5 ou 6 pages de notes et d’anecdotes.

Jeudi 22/04/2021

Le matin en lisant-écrivant jusqu’à midi, je me saoule de musique baroque, un site de France Musique. À l’instant, Sonate n° 24  en ré majeur de Guiseppe Tartini. C’est écrit sur un petit bandeau, car sur ce site pas de baratin, seule une voix lointaine et proche dit de temps en temps dans un souffle : la Baroque.

Vendredi 23/04/2021

En montant hier au site de Saint Blaise, l’Oppidum sans nom*, j’ai la chance de rencontrer Jean C.L., son infatigable archéologue. Il vient de mettre à jour de belles dalles calcaires donnant sur le mur grec « en grand apparat ». Nous bavardons, lui qui vient de découvrir que la fête unissant la fille gauloise et le jeune grec, cette fameuse fondation mythique de Phocée-Marseille, se déroula…à Saint-Blaise.

*Sur l’oppidum sans nom Dorio JJ  Encres Vives collection Lieux (2010)

Samedi 24/04/2021

– Et dis-moi, Bibi qu’est-il devenu ?

– Lolo ?

– Xactement.

– Eh bien, après un séjour parisien, il est retourné à Saint-Malo.

– Et il fait quoi ?

– Mais toujours la marionnette. Mais cette fois les rôles se sont inversés :

C’est sa femme qui l’a tué à coup d’ombrelle !

Dimanche 25/04/2021

Voici la fin d’avril Encor un mois Covid Des morts des vies ôtées Adieux avec ou sans Dieu Voici la fin d’avril

En mai va-t-on enfin danser bon pied bon œil Comme Flamande de Brel chantant cent ans la vie fragile à qui on dit Merci

En mai va-t-on enfin danser ?

C’EST L’PRINTEMPS

AGENDA du 15 au 21 mars 2021
Lundi 15/03/2021


0h53   Et c’était déjà notre destinée Qui nous regardait sous votre voilette. Je connais par cœur ce poème de Verlaine évoquant la petite épouse et la fille aimée. Mais c’est la première fois, Covid oblige, que je l’assimile aux personnes masquées que je croise au marché, sur la plage et dans les premiers romans faisant état des moitiés de face et des corps en retrait. Sylvie Germain Brèves de solitude   1h05

Mardi 16/03/2021

3h00    La plume m’a donné plusieurs propositions pour laisser trace de ce jour, mais je n’en ai retenues aucune.   3h15

Mercredi 17/03/2021

3h10   Après plusieurs essais ratés, la mise en forme d’un court texte (fragment, esquisse, poème) nous apaise. Et nous met en présence d’un des secrets fragiles des vies de ceux et celles qui ont besoin de (se) raconter. La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda y cómo la recuerda para contarla. Gabriel García Marquez Vivir para contarla « La vie n’est pas ce qu’une personne a vécu, mais ce dont elle se souvient et de quelle manière elle s’en souvient pour la raconter. » Vivre pour la raconter.  3h13 + le temps de la citation et ma traduction.


Jeudi 18/03/2021

1h40   Sotz folha d’albespi. « Sous le feuillage de l’aubépine » Quel plaisir de retrouver ce fragment occitan d’un troubadour dans la langue de ma lignée…valets de ferme, fermiers puis paysans enfin libérés du poids des maîtres.    1h42

Vendredi 19/03/2021

Original en ses deux sens : premier et singulier.

J’ai été le premier de la famille à “faire des études” après “l’école primaire” j'ai fait comme il se doit, "le cours complémentaire" (avant que le nom disparaisse changé en “collège”), puis le lycée que j'ai quitté au bout d'un an pour l’École Normale d’Instituteurs (le graal pour une famille issue des valets de ferme puis de petits paysans), et un peu d'Université. Le premier, côté homme, à ne pas faire son “service militaire” mais la “coopération culturelle” donnant des cours joyeux  de langue française sous les tropiques caraquègnes.

Singulier? Sous l’angle du langage le souci constant de se soustraire à la servitude volontaire de la culture de masse par des lectures incessantes dans tous les domaines, les alertes et les impasses, le temps long laissé à l’incompréhension, la confusion, à condition que Conatus nous maintienne. Persévérer, échanger, susciter, ondoyer, avec et pour autrui, poésie de la pensée, pensée de la poésie. Et puis à la fin de l’histoire, avec sa petite hache, la disparition Qui au sortir d’un Corpus compilant nous conduira tout droit au zoo.

italiques : Étienne de la La Boétie, Baruch Spinoza, George Steiner. Georges Perec

Texte initié à 5h50 puis repris pour un dictionnaire à part moi. (texte au long cours, en cours)


Samedi 20/03/2021

2h55           Grâce à « la conversion numérique » je viens de « poster » sur mon blog poésie mode d’emploi un poème en 3 dimensions : « la pièce écrite la main », sa modification en la recopiant sur le clavier avec son traitement de texte et ma voix qui dit le texte final, en essayant d’être le plus naturel possible.     2h57

Dimanche 21/03/2021


4h27  C’est l’printemps. Depuis 68, allez savoir pourquoi, pas une année où je n’ai écouté (plutôt deux fois qu’une), le premier jour de la saison susdite, cette chanson enjouée de Ferré. Y a la pluie qu’y est passée chez Dior Pour s’faire l’modèle Soleil d’Or.   4h30




 



	

UN PETIT SONNET





Et si je faisais un petit sonnet

En décasyllabes entre deux sommeils

Un petit sonnet bayant aux corneilles

Avec de la roupie de sansonnet





Ça court plus les rues les petits sonnets

Avec le Covid et le couvre-feu

Plus d’amoureuses flammes et de fleurs feues

Derrière leurs masques les gens sont sonnés





« Tantôt sombre et rêveur, insoucieux et tendre »

L’alexandrin nervalien a sonné

Mélange étrange d’un vers de malandre





Avec un saltimbanque de sauts nés

De fantaisies à la Boby Lapointe…

La pointe finale de mon petit sonnet.





19/01/2021

et si je faisais un petit sonnet

JOUR ULTIME DEUX MIL VINGT





Voilà là

Jour ultime

De l’année

Mes derniers

Trisyllabes





Saint Sylvestre

Ma sœur Anne

En allée

Ses chansons

À l’oreille

Et sa voix

Nuit sans fin





Le Covid

A tué

Des millions

De pauvr’s gens

Des artistes

Des curés

Des obèses

Foutriquets





Moi Reclus

Je connais

J’ai écrit

Fait mes contes

Rangements

De mes livres

« Dictionnaire

À part soi »





Le vaccin

Va sauver

Les humains

Et leur monde

De souffrances

Fleurs du Mal

Spleen et blues





Mais aussi

Sous les larmes

La beauté

De Nature

L’émotion

Et la dette

Des vivants

À leurs morts





Cette année

La nouvelle

Sera belle





31/12/2020

9h40

J’ÉCRIS À L’OREILLE





J’écris à l’oreille

C’est quelque fois nu

Et quelquefois rude





Nu comme les Sauvages

Que Montaigne admirait

Rude comme la Marseillaise

Qu’un sang impur

Fait couler dans les gosiers

Des sportifs et des mirlitaires

Mirliton tonton

Mirlitaine tontaine





J’écris à l’oreille

De sang et de neige

Les jeux de luges à Central Park

S’affichent sur mon smartphone

-Regarde pap’ ! s’écrie ma fille

en plein soleil

alors qu’ici c’est la nuit noire





On dirait une scène de Bruegel l’Ancien

C’est juste une autre manière

d’oublier le Covid

Central Park 18/12/2020