UN DRÔLE D’AIR

UN DRÔLE D’AIR

Un drôle d’air
L’air chaud que mon ventilateur convecteur
(c’est son nom)
propulse à cinq heures du matin

Un drôle d’air
Que je puise dans la correspondance de Marcel
Le travail nous rend un peu mères
Travail d’écriture que l’on fait
en écrivant toutes les nuits ce livre qu’il faut choyer,
câliner, chouchouter, dorloter,
suralimenter comme un enfant

Un drôle d’air
qui saute sur cette page
que je m’applique à rendre lisible
dont je prends soin
Allongé dans un lit 
entouré de cent livres
qui sautent dans ma tête
le mur des mots
le murmure de lignes
délivrées de mes maux