Les vers sont un art puéril
La Motte (1672-1731)
Pour ne pas déranger
On murmure à voix basse
Dans la douceur d’Angers
Mais sans Regrets qui lassent
Comme l’écrivait Du Bellay
Pour ne pas s’en mêler
On détourne la tête
Des riches qui paradent
Et se font l’accolade
Avant de s’étriper
Pour faire ces faux vers
On recopie La Motte-Houdar
Les vers sont un art puéril
Il est temps de filer
Et dare dare !
Faux comme modestes ? Faux comme imitations ? Faux comme vers qui savent qu’ils arrivent après tant d’autres ? Pourtant le poème prouve le contraire : il ne recopie pas, il déplace.
Et la chute :
« Filer » : partir, filer le vers, filer la métaphore. Et « dare-dare » donne soudain au texte une sortie presque en courant, comme si le poème refusait de se laisser prendre au sérieux trop longtemps.
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