SONNET D’ULYSSE RÉCITANT LES REGRETS

heureux qui comme Ulysse récite les Regrets




Entremêlant les épines aux fleurs

Pour ne fâcher le monde de mes pleurs

J’apprête ici le plus souvent à rire

Joachim Du Bellay





En achetant je ne sais quel roman de gare

Vous prenez le train à Nogent le Rotrou

C’est un dimanche à la campagne

Un jour d’automne où le temps est doux





Les champs un château des horizons reflétés

dans votre vitre Vous touchent naïvement

Vous avez en tête des poésies

Venues de la petite école





Odes et ballades que vous écriviez à la plume sergent major

Avec des rimes et un rythme que vous dissimulez

aux voyageurs voisins absorbés dans leurs smartphones





Murmurant en secret vos fredaines

Heureux qui comme Ulysse

Récite Les Regrets.


	

POUR NE PAS DÉRANGER

 
Les vers sont un art puéril
La Motte (1672-1731)
 
Pour ne pas déranger
On murmure à voix basse
Dans la douceur d’Angers
Mais sans Regrets qui lassent
Comme l’écrivait Du Bellay
                     
Pour ne pas s’en mêler
On détourne la tête
Des riches qui paradent
Et se font l’accolade
Avant de s’étriper
                               
Pour faire ces faux vers
On recopie La Motte-Houdar
Les vers sont un art puéril
 
Il est temps de filer
Et dare dare !