La mort n’y mord
Clément Marot
Tout ce mélange
des funérailles anciennes
et des convois mortuaires
interdits
Avril
les fils se rompent
à l’hôpital des peines
L’art de mourir des littératures
s’est mué en mort artificielle
Les morts ne sont plus là
pour dire leur parole dernière…
Même parlant sans rien dire
ou râlant encore un peu
dans le style pathétique
et futile
de leur souffle dernier
Dire et redire :
Fagnes de Wallonie
Tant de tristesses plénières
Prirent mon cœur aux fagnes désolées
Quand las j’ai reposé dans les sapinières
Le poids des kilomètres pendant que râlait
le vent d’ouest.
J’avais quitté le joli bois
Les écureuils y sont restés
Ma pipe essayait de faire des nuages
Au ciel
Qui restait pur obstinément.
Je n’ai confié aucun secret sinon une chanson énigmatique
Aux tourbières humides
Les bruyères fleurant le miel
Attiraient les abeilles
Et mes pieds endoloris
Foulaient les myrtilles et les airelles
Tendrement mariée
Nord
Nord
La vie s’y tord
En arbres forts
Et tors.
La vie y mord
La mort
À belles dents
Quand bruit le vent
Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary Kostrowicki, Guillaume Apollinaire, (1880 – 1918)
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Et oui Apollinaire avait lu Clément Marot Et bien d’autres C’était un fouineur de la bibliothèque nationale Et puis tout en marchant il chantonnait des complaintes et les couchait après sur le papier « Un coeur à moi ce coeur changeant Changeant et puis encor que sais-je? »
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