la branche dont je suis issu
Ma vie comme dit l’autre il a bien fallu qu’elle commence De l’intra-utérine rien ne dirai bien des frères de plume s’y sont risqués mais leur traité m’ont toujours ennuyé car pour parler de nos parents et des parents de nos parents point n’est besoin de commencer par l’œuf de Colomb ou la ficelle du père Adam Je naquis donc une nuit de mars à 5 heures du mat si j’en crois le livret un vingt-quatre 45 jours avant l’armistice du 8 mai c’est le docteur du village voisin qui vint ma mère délivrer dans la chambre de notre maison donnant sur la place de l’église de La Bastide de Besplas Ariège ma mère Suzanne avait 31 ans mon père Noël 33 Il s’était évadé d’une ferme allemande en 42-43 (faut que je vérifie j’ai enregistré son récit) Noël Dorio avait été élevé par ses grands-parents -la guerre de 14 ayant décimé ses père et oncles et par « ricochet » sa mère – dans une ferme propriété d’un maître débonnaire d’ailleurs et qui prit soin à la promotion du petit orphelin En épousant Suzanne tous deux devinrent propriétaires de quelques hectares de terre qu’ils firent vaillamment fructifier avec une paire de bœufs pour labourer quelques vaches pour les veaux et le lait vendu aux habitants du village cochons poules canards et la petite vigne pour la piquette de l’année le blé donné au boulanger en échange des « marques » qui désignaient un petit bout de carton que l’on échangeait contre un gros pain de campagne – comme il se doit – bref si vous avez tout lu vous avez songé à la liste de Perrette et du pot à lait
UN DICTIONNAIRE À PART MOI Patchwork in progress
Une autre manière de l'écrire en octosyllabes L'ART DU BOUSTROPHÉDON Où je suis né on me l'a dit* Mais ceux-là même sont partis depuis longtemps hélas. Mon père, ma mère, essentiellement. Dans une maison de village, face à l'église qui sonnait mâtines, midi, l'angélus. Personne ne s'agenouillait. Ma rue - je ne sais plus son nom - Traversait alors la commune, Je la quittai bientôt pour une autre, dite du pré de long . C'est là que j'appris à courir, Mes genoux portaient la couronne, Petit Poucet rieur offrant Miettes d'enfance au royaume. Mes parents étaient paysans. Pas un sou mais quelle richesse : Lait veau vache cochons couvées Blé maïs et pommes de terre. Quelquefois je guidais les bœufs, Mon père faisait ses sillons, Qui aurait dit qu'il me montrait Ainsi l'art du boustrophédon : C'est tourner d'une ligne à l'autre Le sillon égale le vers. Lui semait le blé dur, l'épeautre, Mon champ est plus imaginaire. Je le sais mais je persévère. *Georges Perros (Une vie ordinaire)

origine du « vers »
qui s’écrit de gauche à droite
puis verse de droite à gauche
l’écriture de caractères
que je pratique
de haut en bas
un exercice de
calligraphies sans clé
sinon l’alpha du feu et du refus
Une des phrases de Jacqueline Saint Jean
Poète avec laquelle nous fîmes un livre
Brasier des ombres
j’ai tout lu!
notre histoire nous imprègne telle les sillons dans la terre
j’aime bien les vers qui tournent d’une ligne à l’autre
comme les sillons! je ne connais pas le BOUSTROPHÉDON
mais j’avais appris une langue ancienne qui allait
de droite à gauche et ça m’avait dérouter
ça donnait un autre sens aux mots aux choses!
Estourelle
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Merci beaucoup Estourelle
« La parole est moitié à celui -celle qui parle, moitié à celui-celle qui écoute »
Montaigne (revisité)
J’ai ajouté pour vous, une carte de mes calligraphies,
que je nomme « hypnographies », réalisées comme en »hypnose »,
et qui se font de haut en bas.
Une manière de s’exercer sans fin, avec une énergie,
venue d’on ne sait où, un éclair fugitif,
qui essaie « de donner vie aux caractères,
sans les forcer en rien » .
Jean François Billeter
« Essai sur l’art chinois de l’écriture et ses fondements »
Ma « bible » en la matière
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Notre histoire
Nos parents
quelle richesse
les miens aussi
étaient pauvres
sans le sou
mais d’une grande
richesse de coeur
et d’esprit …
sans oublier
l’amour … travailleurs
ils étaient pour vivre
et survivre
gagner la mie du pain
pas toujours quotidien
ils quittèrent leur terre
qu’ils aimaient
malgré la dureté
je leur dois la richesse
de leur humilité
et leur humanité
ils étaient des grands
d’Espagne
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gagner la mie du pain
première fois
que je le lis
mes parents liaient
les bottes de blé
dont le grain
serait échangé
en farine de boulanger
le troc remplaçait
la monnaie
mais d’Espagne
et plus précisément
d’Andalousie
où était née
la mère de mon épouse
je garde encore l’image
l’été 1977 précisément
des aires où passait le « trillo »
tiré par une mule
avec ses tranchants de pierre
pour séparer le grain de la paille
puis on jetait le tout au vent
des poèmes de Machado
en témoignent
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