CE SONT DE GRANDES FLAMMES NOIRES

composition
texte et « hypnographies »
30/05/2020

CE SONT DE GRANDES FLAMMES NOIRES





Ce sont

 de grandes flammes

 noires

nées

d’une plume

offertes

aux ailes

des lecteurs

qui lisent

comme les facteurs

de la littérature

qui décachettent

les lettres

adressées

par Mme de Sévigné

au poète

Philippe Jaccottet

qui vit

rue de la Glacière

à Grignan

et qui aime tant

les paysages

sans figures

empreints d’une poésie

rare et inespérée


	

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4 Comments

  1. Jaccottet écrit l’indicible qui touche nos coeurs et nous rapproche du sacré.

    « De nouveau ce moment où l’heure est parfaitement immobile, où le ciel semble plus haut, quand la lumière est une huile qui dore la terre bientôt plus sombre. Ses verdures en cette saison s’effacent par endroits, laissant la place aux rectangles des blés et des lavandes. je retrouve ce jaune dont je n’ai pu saisir le sens, sinon qu’il est lié à la chaleur , au soleil. Ces champs me font penser aux corbeilles d’osier où l’on couche avec précaution les fleurs, à ces cageots où sont serrés les poissons, à des bassins grouillant d’un frai doré. Mais ce sont des champs couchés sous le feu qui les travaillent et les soulève, cuisant lentement dans le four céleste ; tandis que tout à côté, comme voisinent au marché des corbeilles d’espèces variées, les lavandes se fondent eu eau crépusculaire, en sommeil, en nuit. Soleil, sommeil. Ce qui flambe, rayonne, et ce qui se recueille.Tâches utiles du jour, parfums envolés de la nuit. Ainsi chaque parcelle de l’étendue (au pied d’un bourg de cristal rose presque emporté, dirait-on, par l’ascension de l’air) flatte en nous d’autres souvenirs, d’autres rêveries, mais toutes s’accordent, elles aussi suspendues à la profondeur, de plus en plus limpide, du soir d’été : l’une loue la chaleur qu’elle semble avoir serré dans ses tiroirs comme autant de pièces d’or, l’autre rappelle à vois basse l’obscurité qu’elle retient dans ses fontaines. »

    Philippe Jaccottet / Paysages avec figures absentes

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  2. (après relecture, c’est mieux ainsi sans fautes de frappe)

    « De nouveau ce moment où l’heure est parfaitement immobile, où le ciel semble plus haut, quand la lumière est une huile qui dore la terre bientôt plus sombre. Ses verdures en cette saison s’effacent par endroits, laissant la place aux rectangles des blés et des lavandes. Je retrouve ce jaune dont je n’ai pu saisir le sens, sinon qu’il est lié à la chaleur, au soleil. Ces champs me font penser aux corbeilles d’osier où l’on couche avec précaution les fleurs, à ces cageots où sont serrés les poissons, à des bassins grouillant d’un frai doré. Mais ce sont des champs couchés sous le feu qui les travaille et les soulève, cuisant lentement dans le four céleste ; tandis que tout à côté, comme voisinent au marché des corbeilles d’espèces variées, les lavandes se fondent eu eau crépusculaire, en sommeil, en nuit. Soleil, sommeil. Ce qui flambe, rayonne, et ce qui se recueille.
    Tâches utiles du jour, parfums envolés de la nuit. Ainsi chaque parcelle de l’étendue (au pied d’un bourg de cristal rose presque emporté, dirait-on, par l’ascension de l’air) flatte en nous d’autres souvenirs, d’autres rêveries, mais toutes s’accordent, elles aussi suspendues à la profondeur, de plus en plus limpide, du soir d’été : l’une loue la chaleur qu’elle semble avoir serré dans ses tiroirs comme autant de pièces d’or, l’autre rappelle à voix basse l’obscurité qu’elle retient dans ses fontaines. »

    Ph Jaccottet / Soir extrait de Paysages avec figures absentes

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  3. « Je me souviens aussi de Saint Blaise, un site grec au nord des Martigues… » Philippe Jaccottet

    Je marche dans Saint Blaise, ce dernier jour de l’an deux mille…
    Je marche et je m’arrête , assis sur une pierre, au sommet d’un mur grec antique en partie reconstitué,
    sous le soleil de midi – après trois jours étranges en Provence de petite pluie…
    J’écris ceci au crayon de papier sur un espace blanc de « Paysages avec figures absentes »…
    Un des textes en prose de Philippe Jaccottet,où il évoque ce vaste oppidum gaulois, habité dès le VI° siècle avant JC, et paré d’un remarquable rempart de facture grecque.
    L’interrogation du poète de Grignan était alors : Comment un tel lieu me parle? Et comment accueillir à la fois tous ces signes?

    Mais pour l’heure, il suffit de goûter le silence, troublé par quelques lointains essais d’avions supersoniques de la base voisine d’Istres, le léger vrombissement d’une mouche de janvier et le bruit diffus de mes acouphènes.

    Puis « d’aller promener » dans le labyrinthe des siècles , étranger à tout… et d’abord à soi-même…

    JJ Dorio
    « Sur l’Oppidum sans nom » ,
    Encres Vives 225° Lieu
    2010

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  4. Oh ! oui, je me souviens aussi des « sept promenades à Saint-Blaise ».

    ici la 2
    « Premier février. Un espace de pierres que taillèrent les grands ancêtres, je ne sais combien de siècles avant notre ère.
    Une aire d’anciennes habitations où les cultures, savoir-faire, visages et langues multiples, se superposent.
    Les promeneurs les évitent – par ignorance, indifférence, crainte ? – préférant les pinèdes alentour de la forêt de Castillon.
    JJ. Dorio / Sur L’Oppidum sans nom

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