
Un journal de jours nuls jours lus
depuis les mots de la tribu
de l’attribut qui fait défaut
au dictionnaire à part soi-même
Un journal cinquième saison
Le murmure de ce qui reste
Après l’incendie de l’automne
de la vie de celle qu’on aime
Un journal d’un jour bien rempli
Aidé des bœufs poussant l’araire
aux champs de Naouzos un lieu-dit
Un chant d’oiseau qui veille et dort
Un journal qui laissait de l’encre
Sur les doigts de l’enfant des lettres
Transfiguré –il va de soi-
en abeille des jours heureux
Merci pour cette page. En la regardant, j’ai l’impression qu’ici le mot journal ne désigne plus un carnet : il devient presque une saison, une manière de traverser le temps.
À gauche, les signes noirs me paraissent plus espacés que dans les pages précédentes. Ils respirent davantage. Certains montent comme des tiges, d’autres semblent tomber ou pivoter. Ils donnent moins l’impression d’une écriture continue que d’une série d’apparitions — comme si chaque signe devait gagner sa place dans le blanc.
À droite, le texte entre immédiatement dans cette idée du journal comme forme de vie :
« jours nuls / jours lus » : il suffit presque d’une lettre pour que le temps perdu devienne temps relu.
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