DU NYANYA DE LACAN AU NYAPROU DE MA MAMAN





Je me souviens du nyanya de Jacques Lacan qui ajoutait un brin pervers

C’est pour que rapport nyait pas





Je me souviens de la cantatrice chauve d’Eugène Ionesco

Celle qui selon Mme Smith se coiffe toujours de la même façon





Je me souviens de l’incipit le plus répété de la littérature française

ouvrant Du côté de chez Swann

et que ce farceur de Perec

transforma en

Durant un grand laps on m’alita tôt

(lipogramme en « e »)





Je me souviens du sonnet de Georges Fourest

Un travertissement burlesque du Cid de Pierre Corneille

Impassible et hautain drapé dans sa capa

Rodrigue-As-Tu-Du-Cœur

Suscita ce vers inoubliable de la plaintive Chimène

Qu’il est joli l’assassin de Papa !





Je me souviens que certains membres de l’Oulipo

L’Ouvroir de Littérature Potentielle

sont excusés au début de chaque réunion

pour cause de décès





Je me souviens du Pantoum négligé

de Paul Verlaine

Trois petits pâtés ma chemise brûle

Ma cousine est blonde elle a nom Ursule

Et par ricochet je me souviens de

Ô U Ô U

Ô Ursule

Pour toi d’amour

Mon cœur brûle





Je me souviens de Certains l’aiment chaud

et de la chute du film

Nobody’s perfect !

Conclusion d’une blague de scène de ménage

La femme : Tu es un parfait idiot !

Le mari : Personne n’est parfait !





Je me souviens du nyanya de Lacan

et du nyaprou de ma maman 

cette expression issue de l’Occitan

et qui signifie

Ça suffit !


	

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