EN MARMOTTANT métamorphoses et métalepses 53

cinquante-trois

à André Bellatorre,





MUSITANDO (EN MARMOTTANT) je mélange la littérature avec ce que l’on appelait naguère, (avant l’invasion des ours de l’autofiction), des récits de vie. Je suis d’abord visité par Kafka, dont j’avais zappé l’épisode du Père, bombardant son fils, le petit monstre, de pommes pourries qui maculent son corps. Les fruits se métamorphosent ensuite en une myriade de grains de grenade, dégustés hier soir, à l’heure du téléjournal, pendant la prestation du pitre de la Maison Blanche, lançant depuis son balcon, son harangue, à la foule des casquettes rouges, tel un Néron d’opérette. 

Puis, c’est le film du soir, un tramway nommé Vertigo, passe sur l’écran plat (« l’étrange lucarne » d’antan), durant une scène d’anthologie (elles le sont toutes), de Sir Alfred.

Enfin, c’est le moment qui donne le plus de sueurs froides, je vois un type bondir sur la pelouse en herbe du stade de Séville, une nuit chaude, bouillante, de juillet 82. Il se dirige vers le portier allemand, un certain Choumacher.e, (ça ne s’invente pas), et en un geste digne d’un Atelier d’Écriture concocté par le maître de l’Orphéon, vide le chargeur de son revolver, en criant : Schumacher salaud, le peuple a eu ta peau ! C’est, le lecteur dopé à la Métalepse l’aura saisi, un rêve récurrent.

En marmottant, musitando.





de Martigues, ce dimanche 11 octobre 2020.

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