Un colibri qui niche sous la langue
Un hibou horloge à plumes
Une pluie d’abeilles sur les fleurs du quinquina
La machine à coudre les parapluies
La craie indiquant la nuit du crime
Une hirondelle frôlant le massif de myrtes
Enfin la vue dont les cils sont des cris
81 — Mimi peau d’chien
Aristide Bruant
Une comptine, une enfance qui a gardé ses rimes rugueuses.
Quelque chose d’un peu canaille, qui colle à la peau.
82 — Achille au pied léger
L’Iliade
L’épopée surgit.
Mais “tu te souviens” la ramène à hauteur humaine :
même le héros dépend de la mémoire de quelqu’un.
83 — Achille Zavatta
d’Achille à Achille, du mythe au clown.
Même nom, deux gestes — courir vers la gloire, ou faire rire sous le chapiteau.
La mémoire joue à faire des ricochets.
nb Je me souviens j’étais enfant et je l’ai vu dans son cirque à Toulouse faisant des blagues sur le Corbeau et le Renard (UN renard par l’odeur « a léché » le fromage)
84 — l’aboli bibelot d’inanité sonore
Stéphane Mallarmé
Le vers surgit comme un objet pur de langue. Ici, se souvenir devient presque réciter. La mémoire est bibliothèque, mais une bibliothèque trouée.
85 — locus solus
Locus Solus (Raymond Roussel)
Un lieu unique, étrange, laboratoire de visions. La mémoire finit par devenir espace — un parc mental où tout coexiste.
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