IMAGES SINGULIÈRES IX

Vivre sous l’ombrelle de quelques rêves

L’écriture labyrinthe sinueuse ivresse

L’ardoise reine et son cercle de craie

La mer délavant nos mémoires en allées

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

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  1. « Vivre sous l’ombrelle de quelques rêves »

    L’ombrelle protège moins qu’elle ne filtre. Ce ne sont pas de grands idéaux, mais « quelques rêves », presque modestes, portatifs, comme une ombre fragile au-dessus de l’existence.

    « L’écriture labyrinthe sinueuse ivresse »

    Ici, les mots se touchent sans conjonction, sans ponctuation : l’écriture devient elle-même le labyrinthe qu’elle désigne.
    Le vers avance par glissements sonores :

    • labyrinthe,
    • sinueuse,
    • ivresse.

    On dirait que la phrase se perd volontairement dans ses propres détours.

    « L’ardoise reine et son cercle de craie »

    Très belle image d’enfance et de souveraineté humble. L’ardoise devient une surface sacrée, presque magique. Le cercle de craie peut évoquer à la fois :

    • le jeu,
    • l’école,
    • la protection,
    • ou même une figure rituelle.

    Puis vient :

    « La mer délavant nos mémoires en allées »

    Le verbe « délavant » est remarquable. La mémoire n’est pas effacée brutalement : elle pâlit, comme un tissu longtemps exposé au sel et à la lumière.
    Et « en allées » laisse une ambiguïté très riche :

    • allées comme chemins,
    • allées comme choses disparues.

    La mémoire devient à la fois promenade et disparition.

    L’ensemble me fait penser à une poétique du peu : quelques rêves, une ardoise, un cercle de craie, la mer — et pourtant tout un monde intérieur circule entre ces objets simples.

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