Écrire seul en silence, calé sur son oreiller, la lune à la fenêtre, les volets grands ouverts.
Écrire avec Li Bo, le poète calligraphe, qui boit maintes coupes de vin de Sinfong, sous la lune, dans sa barque de papier.
Une dernière ligne, un dernier coup de rame : les images anciennes, comment les oublier ?

Non pas écrire sur Li Bo, mais avec lui. Le temps se plie. La chambre de Martigues communique avec une barque dérivant sur quelque rivière de Chine. Le vin de Sinfong, la lune et le papier deviennent des compagnons d’écriture.
J’aime particulièrement cette image :
La barque est peut-être celle du poète chinois, mais aussi celle du poème lui-même, embarcation fragile faite de mots. Une seule rame suffit pour traverser des siècles.
La dernière phrase apporte une légère mélancolie :
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