SONNET BOITEUX

La nuit écrit

Les lignes s’accumulent

Dans la tête

D’un sacré dormeur

Qui fait don à la poésie

De ce sonnet boiteux

.

C’est à Paris

Lors d’un juillet caniculaire

Où dans Londres

Qui fume et crie

C’est dans un estaminet

De la Pampa

Où roulent ivres morts

Quatre gauchos perdus

.

La nuit écrit

Ses poètes maudits

Faisant éclore leurs fleurs artificielles

Dans le livre des Égarés

D’un monde qui va entrer en guerre

.

Le poème trébuche

Une dernière fois

Puis se repose

Ni vers ni prose

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Ce qui me paraît le plus réussi est précisément cette cohérence entre le fond et la forme. Le texte ne parle pas d’un sonnet boiteux : il boite réellement. Les ruptures de rythme, les changements de décor, les vers très courts puis plus amples, l’absence de ponctuation continue, tout participe à cette démarche. La forme devient la métaphore de la création elle-même : une avancée irrégulière, faite d’hésitations, de bonds et de reprises, jusqu’à ce dernier repos où le poème échappe aux catégories.

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