NUIT ROUGE

Cousue de fil rouge,

Une nuit,

De forêt en feu,

Dans la Colline

De Giono.

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Une nuit d’Ellington,

In a sentimental mood,

Qui flotte

Sous le Grand Pin d’Antibes.

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Une nuit d’enfant fréquentant une école de village après la guerre,

Où l’on apprend Hugo chanté par Brassens :

Enfants voici les bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.

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Le feu de Dieu

La tête en cendres

Elle s’appelait Nuit Rouge

Oh comme elle était charmante !

AMOUR AMOUR

 Je n’arrive à vivre bien qu’avec la nuit. 
Aveugle d’abord, durant ce fameux premier somme,
où s’introduit et nous agite la folle du logis.
Puis les yeux se dessillent et l’on suit les pas du premier venu,
un livre qui nous a endormi, ou un autre que l’on va chercher
à tel endroit de sa bibliothèque,
soudain pris par la manie de le consulter à nouveau.
Cette nuit c’est Hugo,
Tous deux muets nous contemplâmes le ciel où s’éteignait le jour,
Que se passait-il dans nos âmes ? Amour Amour !
C’est le corps de ma compagne, longtemps à mes côtés,
c’est son corps dont je n’apprends pas à me passer.

Puis les yeux à nouveau fermés,
je vois se dessiner « demain dès l’aube »,
le sonnet dédié à Léopoldine
dont la mort laissa trois ans, dit-on, le père Hugo,
sans plume et sans papier.
Une voix venue d’Outre-Tombe me le récite,
mais « coince » soudain sur un vers,
celui qui suit « je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps ».
Je sais qu’il est question de « pensées »,
de celles qui nous plongent, contre notre gré,
dans nos ténèbres intérieures.
 Je fais alors la lumière et mets un terme à ce texte ainsi couturé.
Comme un linceul.

NUIT BLEUE

NUIT BLEUE

Nuit bleue

Portée par une houle libérant l’oxygène des phrases en apesanteur

Nuit de l’oltramarino et du lapis-lazuli

Du lapiz écrivant sur un cahier quadrillé par l’enfance de l’art

Noche azul

Le ciel est d’un noir étoilé qui jubile

Traversé par le fleuve Insomnie

Insomnie la bienheureuse

Où l’on se balance jusqu’aux aurores

Entre réminiscences et nouveautés

À QUOI COMPARER CE MONDE ?

À quoi comparer ce monde ?                                                 
J’ai perdu les réponses
que je donnais naïf
et sans la moindre ironie.

À quoi comparer ce texte ?
À une barque légère
Qui vogue sur la rivière du ciel
Légère comme la rosée.

À qui comparer celui qui a écrit
-vaille que vaille- cette page ?
Un lecteur a dit : à un pêcheur d’étoiles.
Une lectrice l’a emportée
dans la paume de sa main.