L’ESQUISSE

L’Esquisse

Il faut imaginer l’esquisse d’un personnage habillé à l’anglaise, dans une pièce du style commedia d’ell’arte.

Mais, par contraste, dans l’agitation propre à ce genre de théâtre, le personnage est muet.

Il nage impassible dans le fleuve du temps.

Il ne sait pas s’il rêve d’endormi ou d’éveillé.

Il nage dans les pages d’une pièce écrite par un auteur dont le nom signifie le feu, en russe.

Il s’oublie dans le tourbillon du ventre de la mer.

Il esquisse, il esquive,

traçant cercles de craie autour d’une personne qui clame au public :

Oubliez-moi,

Cessez de me dévisager, comme ça…

C’EST EN SEPTEMBRE

C’est en septembre chante Bécaud

Bécots pondus comme des œufs tout chauds

Chauds les marrons d’une cour d’école

C’est la rentrée des écoliers

Il pleut ces lignes

sur mon papier

Avec Céline d’Hugues Auffray

C’est en septembre que poissons fraient

Ici entre Mer et Berre

Ailleurs bravant flottes et vents

La couleur de nos rêves

Les douleurs d’un monde amer

C’est sur une toile blanche

Qu’après avoir tracé un dessin incertain

Mes vers ont fait diversion

Me souvenant de mes rentrées

de cinq à soixante ans

Libre senteur

Libres enfants de Summerhill

Écrivant au fil de la plume

En absence à présent

De tout véritable correspondant

.

Martigues 1° septembre 2026

LE DÉNI

LE DÉNI

L e dé nie les hasards de la vie (avec ou sans mode d’emploi)

Le déni des théories se retournant comme des vestes

Le déni de ne pas être né de la dernière pluie

Coup de dés sur le tapis de Mallarmé, le dé nie cette part de rêve sans objet, qui échappant à l’histoire familiale, abolit la controverse de Tchouang Tseu : est-ce lui qui a rêvé du papillon, ou l’inverse ?

Le dé nie que le soleil noir de la mélancolie soit l’œuvre d’un desdichado et que Marie-Jeanne se soit jetée du pont de la Garonne.

Ainsi Déni m’a débarrassé de mes pensées ne tournant plus rond :

Place à la nouveauté !

TRAIT POUR TRAIT

TRAIT POUR TRAIT

Portrait éclaté

Tête stravaganza

Nez refait à la suite

d’un accident d’avion

d’un qui bombarda

l’intendance nazie

(il faut imaginer caché dans mon dessin :

blouson, pantalon et casquette d’aviateur)

Bouche d’ombre

Et les yeux

d’un guetteur mélancolique

coupé en deux

à la fenêtre

entre guerre et paix

C’est dire pour en finir

avec ce portrait

trait pour trait

la main sœur de ces traces

(reversées sur la toile

à la merci

d’un simple clic)

NOIRES SILHOUETTES

NOIRES SILHOUETTES

Figurantes éphémères, noires silhouettes nées d’un dessin incertain (d’ailleurs, pour le montrer, je l’ai retourné).

Drôle de vie la vie des silhouettes : la silhouette d’une femme fardée de noir se profile et entraîne les machines désirantes de Tinguely (Jean), ou los heraldos negros, écorchés vifs de Vallejo (Cesar) : Hay golpes en la vida, Yo no se !

NB La personne ayant créé les deux pages ci-dessus, étant réelle, toute ressemblance avec une Intelligence Artificielle serait fortuite.

Martigues 29/08/2026