UN AUTRE CHAMP MAGNÉTIQUE

Léchant magnétique la page qui s’enroule sur les pèlerins du doute
Du doute de rivières où l’on passe d’une rive à l’autre en chevrolet
Une chevrolet où embarquent nos pèlerins désappointés
Des A pointés des B tirés aux quatre épingles d’une nourrice bègue
Bègue béguine le guignon et la guigne
La guigne devenue boule solaire peinte à l’huile
L’huile sauvage du café de l’environnement et des barricades
Des barricades mystérieuses illustrées par Denis Lacaux
Lacaux xuacal et atxool nageant dans l’aquarium d’une galerie
Une galerie creusée dans l’antre de Nostradamus

À Saint Rémy


Les chants magnétiques huile sur toile
peinte par Denis Lacaud

dont la galerie est à Saint Rémy de Provence

merci à Denis Lacaud qui m’a envoyé la reproduction de sa précieuse œuvre

SURGI DE RIEN LE RYTHME

Surgi de rien 
le rythme bat son plein
J’écoute la vague écumeuse
Je vois le musicien hésiter
à se lancer dans un solo
improvisé
Le rythme a du retard
à l’arrivée
La main tremble
Le souffle fracture
les notes de ce vivace allegro
Surgi du mouvement contrarié
et libéré de brefs instants
Surgi de rien
le rythme nous traverse
et nous change
inexplicablement

Saint Rémy de Provence
concert du 21 septembre 2024
en hommage à Sylvain Luc
Bibi Lagrene guitare Stefano Di Battista saxo Mederic Collignon trompette et scat Diego Imbert contrebasse Andre Ceccarelli drums
Quelque part dans l’inachevé

LES POÈMES TELS QU’ILS SE FONT

Les poèmes tels qu’ils se font
(dans la tête, à la main) nous font
Je n’ai pas plus fait mes poèmes
que mes poèmes ne m’ont fait
C’est ce que disait comme on sait
Montaigne le prince des Essais
J’écris  en silence je parle au papier
Je rime ou je prose et parfois je poste
ces lignes de mots via internet
C’est souvent maladroit inachevé
Mais j’ajoute et je persiste
Sans me livrer pieds et poings liés
au monstre doux Chat GPT qui prétend régler son compte à l'avenir aux derniers artisans écrivant par eux-mêmes à l'ancienne




Saint Rémy de Provence 21/09/2024

Écrire c'est faire l'essai méticuleux de retenir quelque chose que personne que soi n'a à ce jour remarqué...c'est arracher quelques pièces décousues au vide qui se forme chemin faisant...laisser quelque part, un sillon, une trace, une marque, ou une paire de signes paradoxaux...et ceci si possible dans le plus grand anonymat (ceci est plus ou moins un plagiat qui se mange froid)

LE JEU DU JE

Avec « Je » c’est toujours un problème. 
Descartes nous a fait certes le coup du cogito : Je pense = Je suis.
Mais cette pensée fulgurante ne passe pas le cap d’une vie.
À l’opposé il y a ce fameux « Je est un Autre », cité ad nauseum.
(Il s’en fichait Arthur, qui plaqua tout son attirail poétique,
pour aller faire commerce de fusils, là-bas en Éthiopie.)
« Je » est le même et le différent.
Il faut maintenir le suspens.

***
Avec JE je me débrouille comme je peux 
Je amoureux et Je jaloux
Je jouant avec la langue de Molière ou de La Rue
Je qui avec le temps se métamorphose en un être plus ou moins reconnaissable
Je bavard et Je silencieux
Je en fuite dans une phrase qui fait erreur sur la personne
Je sous le charme des Jeunes Filles en Fleurs
Je des Enfers vécus et Je des Paradis perdus
Je enfantin enfantant des géographies mentales
Je amant des mots des choses
et des douc/leurs de nos existences

OÙ VA LA VIE LA FOLLE

Où va la vie la folle
Où va la vie violette
Où va la vie la dingue
Où va la vie pâquerette
Où va la vie « la » lièvre
Où va la vie la lèvre
Où va la vie qui gîte
Où va la vie furtive
Elle va où elle veut
Au bassin de radoub
À Bassan où les fous
Traversent notre corps
Elle va sur les lèvres des vivants
Où nous resterons encor quelque temps
Quand notre corps matière
Aura filé dans les étoiles
D’où nous venons