DISPARITIONS

L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

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 T.T

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FRÊLE BONHEUR

 Un sentier bien étroit conduit au bonheur, qui sépare des abîmes vertigineux ; et on ne peut jamais avoir la certitude de s’y être engagé pour de bon. Que faire alors ? S’enfermer dans une solitude fière, comme le préconisent les stoïciens, pour s’épargner des déceptions futures ? Se détacher des biens terrestres, comme le recommande Saint Augustin, pour n’aimer infiniment que le seul être infini, Dieu ? Ou bien accepter sa condition, comme nous y incite Jean Jacques, sans espoir de vie éternelle ni d’âme immortelle, sans la consolation d’une survie par la communauté, par la descendance ou par les œuvres, ces substituts de l’immortalité ? La vie commune ne garantit jamais, et dans le meilleur des cas, qu’un frêle bonheur.

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 Quel bonheur que d’écrire ainsi des kilomètres des milliers de pas d’une écriture qui ne cède jamais à la facilité même si pour le profane elle apparaît gratuite légère semblant savoir d’où elle vient où elle va alors qu’en réalité elle ne cède en rien à la facticité elle se trouve sans cesse devant ces chemins qui bifurquent des messages qui se contredisent des énigmes qu’il faut garder en suspens merci de bien vouloir patienter pour la suite…

LA BARQUE courriel 10

Les auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.

Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

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Je compare mon travail d’écrivain à celui qui pilote une barque sur une rivière ; la laisser couler, la laisser prendre le courant mais en même temps utiliser les rames ou un gouvernail pour qu’elle n’aille pas s’enliser sur les bords.

P.J. à F.P.

La barque tire sur sa longe, hoche le corps d’un pied sur l’autre, inquiète et têtu comme un jeune cheval. Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c’est pour les besoins de la cause. Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte, tel un fétu.

F.P. à P.J

P.J. le traducteur de l’Odyssée et le poète de Grignan

F.P. Fenouil/Prêle : la fabrique du pré

MOTS ET MAUX

Des mots

Aux maux

Il n’y a pas

Qu’une différence

D’homophonie

.

Mots et merveilles

Les mots que j’aime

Font des poèmes

.

Maux et souffrances

Les maux que je subis

Font silence

.

Là où s’arrêtent les maux

Commencent les mots

Des fêtes du langage

Lents gages

De nos bibelots abolis

Danse joyeuse de la  Poésie

.

Poésie mode d’emploi

08/01/2006

02/03/2026

Non stop

mots en vrac avant leur mise en forme

DISPARITIONS

L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

 V

 T.T

29

FRÊLE BONHEUR

 Un sentier bien étroit conduit au bonheur, qui sépare des abîmes vertigineux ; et on ne peut jamais avoir la certitude de s’y être engagé pour de bon. Que faire alors ? S’enfermer dans une solitude fière, comme le préconisent les stoïciens, pour s’épargner des déceptions futures ? Se détacher des biens terrestres, comme le recommande Saint Augustin, pour n’aimer infiniment que le seul être infini, Dieu ? Ou bien accepter sa condition, comme nous y incite Jean Jacques Rousseau, sans espoir de vie éternelle ni d’âme immortelle, sans la consolation d’une survie par la communauté, par la descendance ou par les œuvres, ces substituts de l’immortalité ? La vie commune ne garantit jamais, et dans le meilleur des cas, qu’un frêle bonheur.

ADRESSES AUX LECTEURS courriel 9

Les auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.

Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique « bibliothèque de Babel. 

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Laisse lecteur courir encore ce coup d’essai et ce troisième allongeail (allongement, ajoutage) du reste des pièces de ma peinture. J’ajoute mais ne corrige pas : premièrement parce que celui qui a hypothéqué au monde son ouvrage, je trouve apparence (raison) qu’il n’y ait plus de doit et qu’il dise, s’il peut, mieux ailleurs et ne corrompe la besogne (le travail) qu’il a vendue à de telles gens (ses lecteurs) ; il ne faudrait rien acheter qu’après leur mort qu’ils y pensent bien avant de se produire : qui les hâte ?

M. de M. à  H.M.

Lecteur, tu tiens donc ici, comme il arrive souvent, un livre que n’a pas fait l’auteur, quoiqu’un monde y ait participé. Et qu’importe ? Signes, symboles, élans, chutes, départs, rapports, discordances, tout y est pour rebondir, pour chercher, pour plus loin, pour autre chose. Entre eux, sans s’y fixer, l’auteur poussa sa vie. Tu pourrais essayer, peut-être, toi aussi.

H.M. à M. de M.

M. n’en est pas à son coup d’Essai et H.M. alias monsieur Plume