Surgi de rien
le rythme bat son plein
J’écoute la vague écumeuse
Je vois le musicien hésiter
à se lancer dans un solo
improvisé
Le rythme a du retard
à l’arrivée
La main tremble
Le souffle fracture
les notes de ce vivace allegro
Surgi du mouvement contrarié
et libéré de brefs instants
Surgi de rien
le rythme nous traverse
et nous change
inexplicablement
Saint Rémy de Provence
concert du 21 septembre 2024
en hommage à Sylvain Luc
Bibi Lagrene guitare Stefano Di Battista saxo Mederic Collignon trompette et scat Diego Imbert contrebasse Andre Ceccarelli drums
Quelque part dans l’inachevé
Author Archives: Jean Jacques Dorio
LES POÈMES TELS QU’ILS SE FONT
Les poèmes tels qu’ils se font
(dans la tête, à la main) nous font
Je n’ai pas plus fait mes poèmes
que mes poèmes ne m’ont fait
C’est ce que disait comme on sait
Montaigne le prince des Essais
J’écris en silence je parle au papier
Je rime ou je prose et parfois je poste
ces lignes de mots via internet
C’est souvent maladroit inachevé
Mais j’ajoute et je persiste
Sans me livrer pieds et poings liés
au monstre doux Chat GPT qui prétend régler son compte à l'avenir aux derniers artisans écrivant par eux-mêmes à l'ancienne
Saint Rémy de Provence 21/09/2024
Écrire c'est faire l'essai méticuleux de retenir quelque chose que personne que soi n'a à ce jour remarqué...c'est arracher quelques pièces décousues au vide qui se forme chemin faisant...laisser quelque part, un sillon, une trace, une marque, ou une paire de signes paradoxaux...et ceci si possible dans le plus grand anonymat (ceci est plus ou moins un plagiat qui se mange froid)
LE JEU DU JE
Avec « Je » c’est toujours un problème.
Descartes nous a fait certes le coup du cogito : Je pense = Je suis.
Mais cette pensée fulgurante ne passe pas le cap d’une vie.
À l’opposé il y a ce fameux « Je est un Autre », cité ad nauseum.
(Il s’en fichait Arthur, qui plaqua tout son attirail poétique,
pour aller faire commerce de fusils, là-bas en Éthiopie.)
« Je » est le même et le différent.
Il faut maintenir le suspens.
***
Avec JE je me débrouille comme je peux
Je amoureux et Je jaloux
Je jouant avec la langue de Molière ou de La Rue
Je qui avec le temps se métamorphose en un être plus ou moins reconnaissable
Je bavard et Je silencieux
Je en fuite dans une phrase qui fait erreur sur la personne
Je sous le charme des Jeunes Filles en Fleurs
Je des Enfers vécus et Je des Paradis perdus
Je enfantin enfantant des géographies mentales
Je amant des mots des choses
et des douc/leurs de nos existences
OÙ VA LA VIE LA FOLLE
Où va la vie la folle
Où va la vie violette
Où va la vie la dingue
Où va la vie pâquerette
Où va la vie « la » lièvre
Où va la vie la lèvre
Où va la vie qui gîte
Où va la vie furtive
Elle va où elle veut
Au bassin de radoub
À Bassan où les fous
Traversent notre corps
Elle va sur les lèvres des vivants
Où nous resterons encor quelque temps
Quand notre corps matière
Aura filé dans les étoiles
D’où nous venons
AINSI DE NUIT EN NUIT
Ainsi de nuit en nuit je me dénuite
Je sors des mots inédits ligne à ligne
Je tisse je détisse je rumine
et poème se faisant je m’oublie
Le Temps reviendra bien me tarauder
Mais quand j’écris il est exclu du jeu
De même que ce « je » qui n’est pas « moi »
Ainsi de nuit en nuit ce beau défi
Comme je m’interdis les repentirs
De raturer de faire des biffures
(au risque d’un vers de guingois mort-né)
J’attends je n’écris que quand j’ai trouvé
Comment touiller le feu le miel la cendre
Ainsi de nuit en nuit je dynamite
Fragments fusées désarrois espérances
Rituel d’oubli mémoire du vide
Hypnose Temps perdu Instants précieux