AUTRES ÉCLIPSES

Une nuit de plus je compte les syllabes

Velar asi cuando los otros duermen

Duerme duerme Negrito

.

Sans cap mais sans trêve

Faisant fête aux réminiscences

Jeux de marelles d’un langage

Façonné par des dormeurs du val

et de l’amont :

Matelots, bateliers, aèdes, romanichels,

Chercheurs de causes perdues à jamais

.

Una vez mas

Avec l’énergie manifestée par le caractère chinois

shenqi

Le conatus de l’Éthique

Un labyrinthe infini d’enchaînements

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Poema de los dones

Dont les dons, un à un, se magnifient et s’annihilent

De métaphores vives en éclipses provisoires

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Martigues 12 et 13 août 2026

AUTRES ÉCLIPSES :

Éclipse 

Compte et recompte 

: négrillon endormi

.

Sinti Rom Manouche 

: raboins sur la route

perdus à jamais 

.

Les essieux grincent

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: Don din don 

un à un

de la charette 

.

Saint Gilles 13 août 2026

Michel Chalandon

https://poesieafranquevaux6.blogspot.com

TI RICONOSCO

Je te reconnais dans les livres où tes lèvres ont tracé des sons et des sens colorés

Ti riconosco cuando leggo, con te, oracoli elementari, sur les murs de Mai 68 :

Objet cache-toi

Sous les pavés la plage

Une page Ricœur : Soi-même comme un autre

Je te reconnais quand ensemble nous chantons and stones of the city

Hors du noir comme les lucioles dansant autour de l’Orchestre National du Jazz

Une nuit de juillet 2026 à la Vieille Charité rebaptisée Promesses de l’aube

UNE NUIT BLEUE

Une nuit bleue portée

par une houle bienfaisante

libérant l’oxygène

de phrases en apesanteur

.

Une nuit comme une algue

Que l’on mâche sans compter

En contant des histoires

Aux Néréides

Petites filles d’Océan

.

Nuit de l’oltramarino

et du lapis-lazuli

Pour la caste la plus basse

Les Intouchables

Mâchant trois feuilles d’indigotier

Manière de saluer Ellington

et son blues indigo

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Bleu souvenirs de l’enfance de l’art :

le vol erratique d’un martin pêcheur

sur la rivière Arize

et les jougs bleus posés sur les bœufs

de mon père

avant qu’ils ne partent labourer…

la mer

les mots dans l’arène

  
J’ai beau les retenir les mots m’échappent
Je connais leur danger leur manque de réalité
Mais je suis dans l’arène le taureau est lâché
Je le cite je l’incite à passer à côté
Mais rien n'y fait

J’ai beau les retenir les mots m’échappent
Vaniteux mesquins égocentriques
Intrigants facétieux – Passez au large
leur dis-je Laissez-moi à ma guise robinsonner

Mais ils ne m’écoutent pas
Ils s’écoulent sans cesse
Fleuves intranquilles Pierrots lunaires
Fils d’Ariane emmêlés
Sur mes cahiers raturés


Ils passent d’un lieu à l’autre
D’un livre terminé à un livre recommencé
Jusqu’au jour –cette nuit – où les mots enfin m’abandonnent :
Y con eso quedo dicho todo
Voilà…tout est dit !