
DOUBLONS : le premier en vers négligés / le second dans les canons d’un haïku (5/7/5)
Fata morgana
La fée qui vient sur mon papier
La muse insaisissable
*
Fata morgana
Morgane née de la mer
J’écris sur la plage
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

DOUBLONS : le premier en vers négligés / le second dans les canons d’un haïku (5/7/5)
Fata morgana
La fée qui vient sur mon papier
La muse insaisissable
*
Fata morgana
Morgane née de la mer
J’écris sur la plage
Quelques mots d’arbre : la frondaison le cœur la sève la floraison Quelques mots-souche : racines et troncs l’écorce la défloraison Quelques mots obscurs Sur une page imprévisible hana towa shirazu : « impossible de savoir » Impossible de savoir S’il a cent ans mon arbre Ou plutôt mille S’il a connu les dieux De la littérature Les oiseaux confondant Ramages et ramures Quelques mots de l’arbre D’un vieil enfant De chair et d’encre Quelques palabres Greffées sur l’arbre Qui cache la forêt De symboles flottant Sous la brise d’un abécédaire Incandescent

collage pour Denis Cosnard chroniqueur au Monde des Livres
avec l’œil de Brugeilles les hypnographies et la rage de Dorio
79 LE MONDE DÉLIVRE Je vous supplie pour signal de mon affection envers vous, vouloir être successeur de ma Bibliothèque et de mes livres que je vous donne…dernières paroles de La Boétie à son ami Montaigne Le monde ivre nous délivre des livres, J’ai recopié jadis la formule, dans un abécédaire quelque peu délirant, à l’encre noire de Chine sur un papier bleu d’Iran. Il y avait dans ce livre ivre de livres de nombreux errata. Ça ne pouvait rater de la part d’un jeune homme enivré de lettres retorses. Par exemple il fallait lire la première ligne du texte présent ainsi : le monde souffle et souffre. C’est d’une autre inspiration, j’en conviens, et même d’une portée nouvelle. Mais l’on pourrait imaginer un long article pour montrer que, l’un dans l’autre, le monde nous délivre des livres jusqu’à notre dernier souffle. nb J’ai emprunté le titre au blog du monde.fr de Joël Bécam, du temps où Le Monde était ouvert aux blogs. Un jour il les a tous supprimés, dont ma « poésie mode d’emploi » qui avait 20 ans d’âge, mais personne n’a protesté devant cet autodafé. 79° fragment d’une écriture de mille et une pièces sous forme d’un puzzle d’une vie marquée par l’inachèvement. En cours d’écriture, ce livre succèdera à
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

Pendant très longtemps Je ne me suis saoulé de cerises Que sur l’arbre perché Les disputant aux oiseaux Recrachant leurs noyaux Et même, parfois, ivre Du sang du cerisier, Je m’y endormais En rêvant d’une Belle À qui je faisais deux pendants Autour de ses fines oreilles (je n’irai pas jusqu’à écrire Que nous jouions à la marelle Cerisiers roses et pommiers blancs)
Du deux au onze juin de l’an deux mille vingt trois J’ai marché chaque nuit dans la forêt des mots A l’abri dans une chambre-cabane du quartier d’Hammersmith in London Ce fut un grand plaisir de laisser ainsi pousser mes bois comme des petits pois Aujourd’hui dimanche je retourne en Provence avec mon carnet d’écriture dans l’avion de British Airways Il faudra de retour au bercail Éclaircir tout ça En souhaitant que les fumeurs invétérés et autres maniaques jouant avec les allumettes Ne mettent le feu à mes quelques arpents d’écriture Qui ont illuminé mon blog en aparté Avec ses petits papiers Qui ne font pas de fumée