

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour


CENTON & MISCELLANÉES
EN COURS D’ÉCRITURE
CENTON Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans nos livres et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée.
J’invite lectrices et lecteurs au gré de leurs lectures d’apporter à leur tour leurs petits bouquets.
JJ Dorio Martigues 18 novembre
11
Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques
12
Le Paris que vous aimâtes
N’est pas celui que nous aimons
Et nous nous dirigeons sans hâte
Vers celui que nous oublierons
13
Le Paris que j’ai aimé
Fut celui du grand Mai
68 fois je l’ai aimé
Mai mai mai Paris mai
14
Les muses du quai de Bercy
M’avaient conduit jusqu’à Grenelle
Et leurs sœurs de la Grange-aux-Belles
Vers les jardins clos de Passy
La nuit s’entendait avec elles
Les muses du quai de Bercy
J’allais dans Paris port de songe
Ouvert au piéton noctambule
Avec des amis de toujours
Embarqués vers le crépuscule
Et disparus au point du jour
J’allais dans Paris port de songe
15
tzantzantzaganga bouzouc zdouc nfoùnfa mbaah mbaah ngoùngfa
11 André Chénier (30 octobre 1762-25 juillet 1744 7 thermidor an II) L’invention
12 Raymond Queneau (21 février 1903-25 octobre 1976) Courir les rues
13 JJ Dorio + Claude Nougaro (9 septembre 1929-4 mars 2004)
14 André Hardellet (13 février 1911-24 juillet 1974) La ronde de nuit
15 Tristan Tzara -Dada- (16 avril 1896-24 décembre 1963) Le géant blanc lépreux du paysage
16
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée
C’est mon ami c’est mon copain
Nous partagions la chambre et le pain
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
17
Dans la rue des Blancs-Manteaux
Le bourreau s’est levé tôt
C’est qu’il avait du boulot
Faut qu’il coupe des généraux
Des évêques des amiraux
Dans la rue des Blancs-Manteaux
18
Le dernier lambeau du jour donnait un air de féérie au paysage dans lequel la maison avançait en pointe comme un navire (…) Il y avait Notre-Dame tellement plus belle du côté de l’abside et les ponts jouant à la marelle curieuse d’arche en arche entre les îles et là en face de la Cité à la rive droite (…) Et Paris Paris ouvert comme un livre avec sa pente gauche la plus voisine vers Sainte-Geneviève le Panthéon et l’autre feuillet plein de caractères d’imprimerie difficiles à lire à cette heure jusqu’à cette aile blanche du Sacré-Cœur…
19
La mémoire du silence
nous rend aux temps immémoriaux
aux grandes solitudes de l’enfance
20
Le temps est discourtois
il nous échappe sans cesse
entre nos doigts de paille
16 Robert Desnos (4 juillet 1900-8 juin 1945) État de veille
17 Jean-Paul Sartre (21 juin 1905-15 avril 1980) chanson
18 Louis Aragon ((3 octobre 1897-24 décembre 1982) Aurélien
19 Gaston Bachelard (27 juin 1884-16 octobre 1962) Poétique de la rêverie
20 María Dolores Cano (7 mars 1956- ) (https://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.com/2012/12/resonance-tisser.html)
Je n’ai aucune idée de l’heure
C’est autour de minuit
je suppose
J’agite le cornet de sable
Mais les images sont en panne
Dans les cervelets des panurges
‘Reusement il y a tant à lire
Dans les passages des bouquins
Les ellipses les éclipses
L’inconscient freudien
Fusées belles fusées
Éclairant les tombeaux
De l’écriture surréaliste
Écrite à la vitesse grand v
La page me remercie
Heureux de faire plaisir
Mais je n’ai toujours aucune idée
De l’heure passée à la composer

« sur le terrain » été 69 JJ Dorio
980 ICI LA TRÊVE DE NOS LUTTES Les travaux de vannerie des indiennes de l’ethnie panaré fréquentées l’été ne nos joyeux tropiques* Le temps comme une flamme noire inscrite dans les ruines circulaires** Et notre infinie naïveté *Venezuela 1968-70 **Borges
J’ai beaucoup connu
les rideaux de la pluie
la femme au fagot de lune
les arbres changés en statues de sel
J’ai connu la tempête de Shakespeare
jouée dans un verre d’eau
les fourmis rouges boulotant
le calendrier des postes
les dés jetés depuis le pont de Manhattan
J’ai connu les fleurs
absentes de tout bouquet
et la bâtisse d’école
où j’allais sur le dos d’un chameau
apprendre l'A.B.C.
s’il vous plaît
Martigues 1er décembre 2023
J’AI CONNU AUSSI
805 AÑORANZAS PORTEÑAS J’ai vu la pampa Non au petit trot du cheval de Jules Supervielle Mais du haut d’une avioneta qui tanguait dangereusement J’ai connu la bise du 14 juillet 1970 qui s’engouffrait dans les rues de Buenos Aires J’ai parlé le lunfardo des porteños avec une compañera rencontrée dans un bar de la rue Sierpes (le livre de Borges sur l’argot de la capitale sous les yeux) Vous pouvez en douter Vous qui me lisez dans les villes de l’Europe sans gauchos montant à cru Jurant à lasso raccourci Dans le coral de l’estancia disparue proche proche du mot saudade,(vague à l’âme, nostalgie), le mot añoranza est impossible à traduire
Le livre d’une vie Une autrebiographie En mille et un fragments JJD en cours d’écriture
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